OPINION – Non ! chers compatriotes africains, ne fuyons pas les débats !

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Les maux de l’Afrique noire ce sont nous-mêmes, ses propres filles et fils et personne d’autres. Mao tsé tung en Chine, Mohamed 5 au Maroc, Ben Bella en Algérie, Indochine, Vietnam, et la plus récente des révolutions inédites aura été la révolution iranienne en février 1979. Spirituellement menée de bout en bout par le guide spirituel hors du commun, Rouhollah Al Mossavi Al Khomeiny, cette révolution reste jusqu’ici un cas d’école. Il faudrait que les africains s’inspirent davantage sur ce vaillant peuple intrépide et digne en osant prendre leur responsabilité. Le peuple iranien qui aura magistralement réussi à avoir le dessus sur la première puissance économique et militaire de la planète, les États-Unis pour ne pas le nommer, n’avait en bandoulière que sa détermination et sa rage de vaincre l’ennemi. L’heure a sonné pour les africains de s’éloigner d’un voeu pieux qui ne s’invitera jamais dans le destin radieux de cette Afrique-là dont nous rêvons tous sans notre volonté de sacrifices patriotiques.

Les urgences ne se situent pas au niveau de la re-baptisation des statues, monuments, écoles, instituts, avenues, rues en leur donnant des noms de grandes figures africaines. La barbarie est innée chez tous les êtres humains. Elle n’a pas de couleur ni de races, de nationalité encore moins de religion. Alors nous aurons tort de voulour stigmatiser la barbarie en l’assimilant à une race spécifique. Vous savez 6 à 7 siècles d’esclavage, de colonisation et de néocolonialisme ne peuvent pas s’effacer en 60 ans. Les blessures sont déjà très profondes et difficilement cicatrisables. Les réalités socioculturelles entre afro-américains et les africains de souche ne sont pas les mêmes. Les stigmates sont toujours aussi profonds entre les noirs américains et africains du Libéria. La douloureuse expérience vécue par le peuple libérien et consécutive au retour des esclaves noirs américains au Libéria en est une belle illustration. Samuel Doe, William Tolber, Sirleaf, George Weah,…auront toujours vécu sur une terre qui symbolisait le 51è Etat américain avec toutes ses spécificités en matière d’inégalités sociales.

Alors, refusons d’être des enfants de coeur en affrontant les défis sans état d’âme. Les urgences ne se situent pas sur l’opportunité ou pas, par simple MIMÉTISME ou SINGERIE, de vouloir déboulonner certains symboles de colons blancs dressés jusqu’à présent à chaque coin de rue en Afrique. Elles sont ailleurs. Notamment à partir d’une mise en place d’une conscience collective qui tendra vers l’aboutissement d’un État fédéral d’Afrique noire, la mise en place de fortes institutions, la valorisation de notre système d’éducation, de formation, de santé, de sécurité, de monnaie, de communication satellitaire, de consommation. Les jeunes des pays occidentaux, qui en ce moment sont envahis ou plongés dans une furie d’une vague de nihilisme de mémoire historique suite à l’effet boomerang George Floyd, ne sont pas confrontés aux problèmes et aux réalités si lamentables auxquelles font face la jeunesse africaine.

Nos urgences sont ailleurs et non autour d’une statue ou monument. Les défis à relever sont énormes. Nous devons vaincre l’analphabétisme, les épidémies, pandémies, certaines maladies (diabète-tension-cancer-reins-psychiatrie-), l’insécurité frontalière (le terrorisme), la pauvreté, la faim, le manque d’eau, la déforestation, l’insalubrité, les menaces sur notre environnement, la mal gouvernance dans la justice, nos ressources minière, halieutique, pétrolière, gazière, foncière et agricole. Telles sont les urgences sur lesquelles la jeunesse africaine devrait se consacrer davantage pour que cette Afrique et cet homme noir cessent désormais d’être les sempiternels damnés de la terre d’ici les horizons 2035-2050.

De grâce, si vous déboulonnez la statue de Faidherbe, ayez l’humilité et le courage de miner le pont Faidherbe et tous les bâtiments administratifs coloniaux. Il ne faut pas être aussi paradoxal jusqu’à accepter de tomber dans ce piège d’un orgueil ou un semblant de fierté nationale mal placé. Sachons raison gardée. Évitons d’être ridicules en nous jetant dans le feu des projecteurs pour devenir la risée des moqueries occidentales. Nous africains, sénégalais surtout, notre mal est d’accepter les mérites de l’autre. Même s’il est plus compétent, l’unanimité n’est pas notre raison d’être. Le consensus unitaire autour d’une personnalité désignée est toujours sujet à plusieurs supputations. Même Lat Dior mort à Dékheulé en 1886, est contesté comme héros national. Le professeur Iba Der Thiam en a eu à ses dépens. #SenCaféActu du 13 Juin 2020 Par Adama Sow

4-Les Saint louisiens demandent le déboulonnage de Faidherbe : l’historien Cheikh Diakité, «garder cette statue est une honte pour le Sénégal». «Faidherbe était un acteur de toutes les exactions subies par les Sénégalais. On ne devrait même pas être là à discuter ; on doit la retirer», peste-t-il. Une position partagée par Mame Latyr Fall, Coordonnateur du Forum civil à Saint-Louis. «Il est temps qu’on change les symboles qu’on lègue à la postérité. On doit donner aux générations futures de bonnes références», estime-t-il. Depuis quelques jours, sur les réseaux sociaux, une pétition est lancée pour rebaptiser le pont Faidherbe Pont Alioune Badara Diagne ‘’Golbert’’, du nom du défunt artiste, journaliste et homme de culture décédé le 3 avril 2020.

Chantons, dansons, fuyons du regard aux urgences auxquelles nous faisons face, au moment où nos consciences, nos sensibilités, nos espoirs, nos espérances, notre environnement, nos vies privées, nos droits les plus élémentaires sont entrain d’être piétinés par une race de rapaces si voraces qui continuent à toujours se désaltérer du sang de leurs peuples et estomper leur faim avec la chair de leurs peuples. Quand l’exécutif, le judiciaire et le législatif, trois pouvoirs qui n’obéissent plus aux aspirations des peuples. Au contraire, ils continuent de les éprouver depuis l’échafaud de l’inconscience et prêts à les exécuter. Les choses vont irrévocablement changer quand la conscience collective verra le jour. “Bëg mun sa bopp te waajolo sa bopp. Beyyulo yettuloo bëg jugg moom sa bopp”. Gaañii watta watt. Afrique jeeg bu jarrla ci kannamu nassaran yi. Su nduggëm laan neex nassaran yi taxxawuko. Muy lumu warr di bañ ba daw.”

Adjudant à la retraite Ndiapaly GUÈYE,
journaliste indépendant.Williamson de la defense language institute (Texas) et de la defense information school (Maryland) États-
Unis d’Amérique. Email: ndiapalygueye@yahoo.fr

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