Didier Raoult : accusé de « faux témoignage », le professeur contre-attaque

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Mis en cause par Martin Hirsch, qui l’accuse de “faux témoignage” devant l’Assemblée nationale, Didier Raoult s’est servi de Twitter pour répondre au directeur général de l’AP-HP, en s’appuyant notamment sur des interviews de médecins parisiens.

C’est une affaire en plusieurs temps dans laquelle est empêtré Didier Raoult. Mercredi 24 juin, le plus célèbre des infectiologues est entendu à l’Assemblée nationale par la commission d’enquête sur le Covid-19. Devant les députés, le professeur marseillais reste conforme à ses habitudes : offensif, sans langue de bois, parfois pinçant. Il a aussi été repris à l’Assemblée sur ses propos au sujet de l’avenir de l’épidémie. Après avoir été sceptique sur une hypothétique deuxième vague, Didier Raoult a changé de braquet, évoquant un possible retour ou rebond, de l’épidémie, allant même jusqu’à affirmer qu’il est possible que “la maladie devienne une maladie saisonnière, mais aussi qu’elle disparaisse complètement”. Mais ce ne sont pas ces propos qui ont le plus choqué Martin Hirsch, le directeur général de l’AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris), qui affirme que Didier Raoult a délivré un “faux témoignage” lors de son audition.

Bataille de chiffres

Dans un courrier adressé à Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale, Martin Hirsch pointe ce qui semble être, selon lui, deux mensonges du réputé infectiologue. “La mortalité dans les réanimations ici, est de 43%. Chez nous, elle est de 16%”, affirmait alors Didier Raoult. Des chiffres contredits. “Parler de mortalité brute n’a aucun sens puisque la mortalité est liée à la sévérité des malades. Plus les malades sont admis dans des cas sévères, plus leur mortalité attendue va être élevée. On ne peut pas comparer deux mortalités sans avoir la typologie des patients”, affirme à BFM TV Antoine Vieillard Baron, anesthésiste réanimateur à l’hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt. En outre, le chiffre de 16%, lancé par Didier Raoult, est clairement remis en cause par plusieurs spécialistes. Seconde inexactitude : la prise en charge du premier mort du Covid-19 en France, un octogénaire chinois. “Il n’a pas été testé. Santé Publique a dit “il ne faut tester que les gens de Wuhan, qui ont de la fièvre et de la toux.” Il est rentré chez lui et est revenu sept jours plus tard, après voir contaminé sa fille, et il est venu mourir dans ce même hôpital”, affirmait Didier Raoult devant les députés. “Le seul patient chinois de 80 ans auquel peut faire référence le Pr Didier Raoult a été admis le 25 janvier 2020 à l’hôpital européen Georges Pompidou. Il n’a jamais été renvoyé chez lui”, répond Martin Hirsch dans son courrier.

Le premier mort

Plus tard dans la journée de ce jeudi 2 juillet, Didier Raoult a entamé sa contre-attaque. Sur Twitter, il a posté un thread, en réponse à Martin Hirsch. Sur la bataille des chiffres, le professeur marseillais a mis en ligne un extrait d’une interview donnée fin juin par le professeur Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, puis une autre de Karine Lacombe, la cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris. Dans les deux cas, ils évoquent bien le chiffre de 40% à Paris. Des réponses qui ressemblent à des contre-feux, puisque dans sa lettre, Martin Hirsch ne remettait pas en cause la donnée brute, mais seulement comment celle-ci était traitée par Didier Raoult. Sur le cas du premier mort sur le sol français, Didier Raoult a partagé un article de Cnews, où il est écrit que le patient “s’était rendu au service d’urgences de l’hôpital européen Georges Pompidou le 25 janvier, les médecins l’avaient renvoyé chez lui, considérant qu’il n’était pas un cas suspect”.

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