Washington dénonce les exercices militaires de Pékin en mer de Chine méridionale

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Le Pentagone a dénoncé ce jeudi 2 juillet la tenue d’exercices militaires chinois autour d’un archipel disputé en mer de Chine du Sud, estimant qu’ils « déstabiliseront encore davantage » la situation dans la région.

Les Américains joignent leur voix au Vietnam et aux Philippines. Hanoï et Manille avaient critiqué ce jeudi les exercices militaires chinois autour de l’archipel des Paracels en mer de Chine du Sud. Annoncés la semaine dernière par Pékin, ces exercices ont commencé ce mercredi et durent jusqu’à ce dimanche. Les Paracels sont des îles situées au large de la Chine et du Vietnam, revendiquées par ces deux pays et par Taïwan. Elles sont contrôlées depuis plus de 40 ans par Pékin, qui les a militarisées en y installant notamment des missiles.

« Le ministère de la Défense est préoccupé par la décision de la Chine de mener des exercices militaires autour de l’archipel des Paracels », a indiqué le Pentagone dans un communiqué ce jeudi. Ces activités « déstabiliseront encore davantage la situation », d’autant qu’ils « violent les engagements pris par la Chine dans la Déclaration sur la conduite des parties en mer de Chine méridionale de 2002 », rappelle Washington.

Violation de souveraineté

Ce texte signé par les pays de l’ASEAN, l’Association des nations d’Asie du Sud-Est, prévoyait que toutes les parties « éviteraient des activités susceptibles de compliquer ou d’aggraver les différends et de menacer la paix et la sécurité », note l’armée américaine. Ce n’est, poursuit-elle, que « le dernier d’une longue série d’agissements de la Chine pour faire valoir des revendications maritimes illégales et désavantager ses voisins asiatiques en mer de Chine méridionale ».

Plus tôt ce jeudi, rapporte le South China Morning Post, le secrétaire philippin à la Défense Delfin Lorenzana avait qualifié les exercices chinois de « hautement provocateurs ». Le ministère vietnamien des Affaires étrangères les avait quant à lui dénoncés comme une violation de souveraineté « préjudiciable » aux relations de Pékin avec l’ASEAN, dont Hanoï assure en ce moment la présidence tournante.

Les États-Unis continueront à surveiller la Chine dans la zone

Par contraste, Washington affirme ne souhaiter qu’une « région indo-pacifique libre et ouverte, où tous les pays, petits et grands, sont en sécurité et souverains, libres de toute coercition et peuvent développer leur économie conformément aux règles et aux normes internationales ». Le Pentagone, qui appelle « toutes les parties à faire preuve de retenue », a prévenu qu’il « continuera à surveiller » les activités militaires chinoises dans la région.

L’US Navy patrouille régulièrement à proximité des Paracels et de l’archipel des Spratleys, plus au Sud. Des opérations dites de « liberté de navigation » destinées à affirmer le libre passage dans ces eaux internationales où circule le cinquième du commerce maritime mondial. Des opérations américaines effectuées au grand dam de la Chine qui proteste régulièrement.

Pékin revendique la souveraineté sur la quasi-totalité de la mer de Chine du Sud, riche en matières premières et ressources énergétiques, ce que Washington et d’autres pays de la région contestent. Les États-Unis accusent la Chine de militariser la mer de Chine du Sud pour dominer la région.

RFI

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