Feux d’artifice et foule sans masque pour Donald Trump alors que les infections au Covid-19 battent des records aux USA

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Les États-Unis ont enregistré vendredi 57.683 nouvelles infections dues au coronavirus, selon le comptage à 20h30 locales de l’université Johns Hopkins qui fait référence, un niveau record depuis le début de la pandémie.

À la veille de la fête nationale américaine, le pays a aussi recensé 728 nouveaux décès dus au Covid-19, selon la même source, portant le nombre total de morts à 129.405.

Des chiffres dont Donald Trump n’a pas parlé, vendredi, lors de son discours donné dans le cadre majestueux du Mont Rushmore à la veille de la fête nationale américaine.

Très critiqué pour sa gestion de la pandémie, le président américain s’est offert une soirée de feux d’artifice et un discours au ton très dur en terrain conquis.

Le tempétueux milliardaire s’est exprimé sous le regard de quatre de ses lointains prédécesseurs, taillés dans le granit, dont il a longuement fait l’éloge: George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln.

Devant une foule scandant “Quatre ans de plus”, dans laquelle les masques étaient rares, il s’est posé, à quatre mois de l’élection présidentielle, en défenseur de “l’intégrité” de son pays.

“L’Amérique est le pays le plus exceptionnel ayant jamais existé sur la Terre”

“Nous allons dire la vérité telle qu’elle est, sans nous excuser: les États-Unis d’Amérique sont le pays le plus juste et le plus exceptionnel ayant jamais existé sur la Terre”, a-t-il lancé.

En plein débat sur les symboles de l’Histoire du pays, et alors que des statues de généraux confédérés ont été mises à terre par des manifestants antiracistes, il a dénoncé “une campagne visant à effacer notre histoire, diffamer nos héros, supprimer nos valeurs et endoctriner nos enfants”.

Mais “les Américains sont forts et fiers”, a-t-il lancé.

Le milliardaire, qui laisse son vice-président Mike Pence en première ligne face au spectaculaire rebond de l’épidémie, n’a pas caché son enthousiasme pour cet événement auquel des milliers de personnes ont assisté dans une ambiance estivale, sous un ciel sans nuages.

Mais il n’a que très brièvement évoqué la résurgence de cas de Covid-19 dans le sud et l’ouest qui “met tout le pays en danger” selon les termes d’Anthony Fauci, directeur de l’Institut américain des maladies infectieuses.

En mauvaise posture dans les sondages, Donald Trump s’en tient depuis plusieurs jours à un seul message: la crise du coronavirus est “gérée”, l’économie américaine repart “plus fort et plus vite” que prévu et l’année 2021 sera “historique”.

Pourtant, dans un contraste saisissant avec l’Europe, des records de contaminations sont battus quotidiennement aux Etats-Unis.

Quelques minutes avant l’arrivée d’Air Force One, l’université Johns Hopkins, qui fait référence, a annoncé que les États-Unis avaient enregistré vendredi 57.683 nouvelles infections dues au coronavirus en 24 heures.

Nombre d’États ont dû mettre le déconfinement sur pause, voire faire machine arrière, refermant à la hâte bars et plages.

Au début de ce long week-end férié, l’ancien président démocrate Barack Obama a, lui, appelé à un sursaut. “Vaincre ce virus demandera la mobilisation de tous. Portez un masque. Lavez-vous les mains”, a-t-il tweeté. “Et écoutez les experts, pas ceux qui essayent de nous diviser”.

Le locataire de la Maison Blanche, qui était accompagné de son épouse Melania Trump, savait pouvoir compter sur un accueil chaleureux dans le Dakota du Sud, État peu peuplé qu’il a remporté en 2016 avec plus de 60% des voix.

Et la gouverneure républicaine Kristi Noem avait indiqué par avance qu’elle n’entendait pas gâcher la fête.

“Nous avons dit à ceux qui sont inquiets qu’ils peuvent rester chez eux”, avait-elle expliqué. “Pour ceux qui veulent se joindre à nous, nous distribuerons des masques gratuits, s’ils décident d’en porter un. Mais il n’y aura pas de distanciation sociale”.

Des représentants de tribus Sioux ont manifesté pour protester contre l’organisation de cette soirée dans les montagnes de Black Hills – où les têtes ont été sculptées de 1927 à 1941 – qu’ils considèrent comme sacrées.

Donald Trump parle lui depuis longtemps de sa fascination pour le Mont Rushmore. En 2017, il avait même évoqué, en plaisantant, la possibilité que son visage y soit ajouté un jour. Au-delà de toute considération politique, il est cependant peu probable que cela arrive.

“De temps en temps, des individus ou des organisations proposent d’ajouter de nouveaux bustes (…) mais cela n’est pas possible”, explique à l’AFP Dana Soehn, porte-parole de ce Parc national.

“La roche qui se trouve autour des visages (des présidents) ne permet pas de sculpture supplémentaire”, explique-t-elle, rappelant par ailleurs que le sculpteur, Gutzon Borglum, voulait représenter les idéaux des 150 premières années de l’histoire américaine – naissance, croissance, développement, préservation – et que son œuvre était par conséquent achevée.

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