Espagne: le Real doit apprendre à gagner sans Ramos

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Comment faire sans Sergio Ramos ? Meneur d’hommes, pilier défensif et meilleur buteur du Real Madrid depuis la reprise, le capitaine merengue est suspendu contre Alavés vendredi en Liga (20h00 GMT). Un test utile avant l’absence programmée du défenseur début août en Ligue des champions.

Voilà le Real contraint de garder le cap sans son capitaine: avec 5 buts depuis la reprise de la Liga le 11 juin après trois mois d’interruption pour cause de pandémie, Ramos est devenu l’homme à tout faire des Madrilènes, qui devront chercher d’autres recours pour continuer sur leur lancée de sept victoires en sept matches et poursuivre leur cavalier seul vers le titre.

Vendredi contre Alavés, c’est aussi une répétition générale pour le Real en vue du 8e de finale retour décisif en C1 début août contre Manchester City, un match pour lequel Ramos sera aussi suspendu pour avoir été exclu lors de la défaite au match aller (2-1).

A 34 ans, l’Andalou paraît loin d’être usé. Avec un nouveau look et une barbe longue qui a poussé pendant le confinement, le capitaine du Real et de l’équipe d’Espagne (170 sélections, joueur le plus capé) réalise l’une de ses meilleures saisons au Real, où il est arrivé à 19 ans, en 2005, en provenance du Séville FC.

– “Unique en son genre” –

Ramos a franchi le cap des 450 matches à la “Maison blanche” (5e plus gros total de l’histoire du club) et est devenu le défenseur central le plus prolifique de l’histoire du Championnat d’Espagne avec 10 buts marqués cette saison en Liga, son nouveau record personnel: il compte au total 71 réalisations (69 avec le Real et 2 avec Séville) et devance les 67 buts de Ronald Koeman.

“C’est notre leader, sur le terrain et en dehors. C’est un joueur unique en son genre, on sait ce qu’il apporte à l’équipe. Il a énormément de confiance en lui quand il faut tirer des penalties”, a résumé l’entraîneur Zinédine Zidane après la victoire contre Getafe le 2 juillet, obtenue grâce à un penalty du capitaine.

Souvent décisif dans les moments cruciaux, le tireur désigné du Real (il en est à 20 penalties consécutifs réussis) a marqué les esprits avec ses buts égalisateurs de la tête dans le temps additionnel de la finale de Ligue des champions 2014 contre l’Atlético Madrid, ou lors du clasico 2016 contre le Barça au Camp Nou (1-1), par exemple.

Cette saison, il a sorti son équipe de quelques mauvaises passes, comme ce 17 février, contre le Celta Vigo, où le Real a montré d’inquiétants signes de faiblesse, mais où il a réussi à accrocher le nul grâce à un penalty de Ramos (2-2).

– Une chance pour Militao –

Mais sa suspension vendredi, puis contre City lors du choc européen prévu le 7 ou le 8 août souligne l’un de ses principaux défauts: son manque de discipline. Le “bad boy” Ramos est le joueur qui dénombre le plus de cartons rouges dans l’histoire du Real Madrid, de la Liga, de la Ligue des champions et de la sélection espagnole !

Son absence va obliger Raphaël Varane, de retour après un choc subi aux cervicales, à prendre ses responsabilités pour assurer l’étanchéité défensive d’un Real qui dispose de la meilleure arrière-garde de tout le continent (seulement 21 buts encaissés en 34 matches).

Et ce sera aussi une opportunité pour le défenseur central brésilien Eder Militao (22 ans), arrivé à l’été 2019 au Real en provenance de Porto pour 50 millions d’euros, mais qui a dû passer la saison dans l’ombre du duo Ramos-Varane.

Avec la blessure du champion du monde français, Militao a saisi sa chance contre Bilbao. Contre Alavés, et contre Manchester City, à lui de montrer que le Real peut gagner sans Sergio Ramos.

Par Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA
AFP
© 2020 AFP

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