Côte d’Ivoire : Amadou Gon Coulibaly, «un camarade» resté fidèle jusqu’à son dernier souffle

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Tel un coup de massue, la nouvelle du décès du chef du gouvernement Ivoirien, Amadou Gon Coulibaly interloque. Il a rendu l’âme mercredi 8 juillet, à Abidjan. Âgé de 61 ans, le Premier ministre était pressenti comme le candidat du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) (au pouvoir) à l’élection présidentielle d’octobre. Il devait être formellement investi début août à Yamoussoukro. Le destin en a décidé autrement.

C’était le principal homme de confiance et le lieutenant d’Alassane Dramane Ouattara. Amadou Gon Coulibaly a été de tous les combats depuis la création du Rassemblement des républicains (RDR) et constamment présent sur la longue route qui a mené au palais du Plateau. Chez les Coulibaly, la politique est familiale. Son arrière-grand-père était l’un des chefs suprêmes des Sénoufos, son père Gon Coulibaly fut député PDCI de 1959 jusqu’en 1990. Le jeune Amadou Gon obtient son bac en 1977, et effectue ses classes préparatoires au lycée Jean-Baptiste-Say de Paris. En 1983, jeune diplômé, ingénieur en bâtiments, il entre aux Grands Travaux, structure d’élite de l’administration ivoirienne. Il est affecté au service des ouvrages d’art. Dès le début des années 1980, la Côte d’Ivoire entre en récession : baisse des prix du café et du cacao, envolée astronomique de la dette et des taux d’intérêt, contre-chocs pétroliers… Les difficultés provoquent aussi une montée de la contestation politique. En 1989, le président fondateur, Félix Houphouët-Boigny sollicite les services d’une personnalité extérieure pour réorienter l’économie. Alassane Dramane Ouattara (ADO), banquier, haut fonctionnaire, formé aux États-Unis, président de la BCEAO est désigné. Une fois aux commandes, ADO demande le rattachement des Grands Travaux à la Primature. Le DG des Grands Travaux est convoqué, il vient accompagner de son adjoint… un certain Amadou Gon Coulibaly. ADO apprécie les qualités de ce «jeune frère» motivé. Amadou Gon quitte donc les Grands Travaux pour intégrer le cabinet du Premier ministre comme conseiller technique. Son destin est désormais lié à celui d’ADO.

Décès du père fondateur…longue marche vers la magistrature suprême

En 1993 Felix Houphouët Boigny (FHB) décède. Henry Konan Bédié devient président. ADO quitte l’attelage gouvernemental et entame une carrière politique entouré de ses proches. Amadou Gon le suit. Il fera partie des cadres fondateurs du RDR. En lui, se dévoile un homme de terrain qui donne de la voix dans les meetings. En novembre 1995, il remporte le siège de député de Korhogo impose son autorité sur sa région et son influence au sein du parti. Pour les militants, il devient le «Lion», l’un des personnages clés de l’opposition. L’élection présidentielles de 2011 consacre la défaite de Laurent Gbagbo et la victoire d’Alassane Ouattara. Le scrutin tourne à la crise postélectorale. Le président sortant refuse de céder le pouvoir. C’est l’épisode du Golf Hôtel. Amadou Gon fait partie des résidents contraints. Des semaines de confinement, des moments de frayeurs partagés et des connaissances renforcées vont davantage souder l’équipe.

Durant le premier mandat du Président Ouattara, Gon Coulibay occupe la fonction de Ministre d’État, Secrétaire général de la présidence. Au cours du scrutin présidentiel en octobre 2015 Alassane Ouattara est réélu. Il organise en Octobre 2016 un référendum, propose une nouvelle Constitution. Daniel Kablan Duncan devient vice-président, Amadou Gon Coulibaly, Premier ministre. Ce fils d’une grande famille proche du PDCI était sérieusement pressenti aux fonctions de président de la République de Cote d’Ivoire. Quelques heures avant son décès, le chef du gouvernement avait été victime d’un malaise en plein conseil des ministres, le premier auquel il participait depuis son retour en Côte d’Ivoire. En convalescence, il était rentré à Abidjan le 2 juillet, après deux mois d’hospitalisation en France.

Avec socialnetlink

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