La pollution numérique majoritairement due à la fabrication des appareils

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Les équipements numériques entraînent une grosse production de gaz à effet de serre. Le visionnage de vidéos est en cause, mais la production des appareils représente à elle seule plus de 80 % de la pollution.

Les équipements numériques, de la télé au smartphone, entraîne aussi de la pollution. Deux rapports du Sénat et de Green IT sont tombés coup sur coup.

Plusieurs études en cours
Entre le confinement qui a boosté la consommation de données numériques et le lancement de la 5G qui promet aux internautes de leur ouvrir des autoroutes , la question de la pollution numérique revient fort dans l’actualité. La mission d’information du Sénat a rendu son rapport mercredi avant une proposition de loi à l’automne. La veille, le groupe d’experts Green IT avait donné son point de vue. L’Ademe (maîtrise de l’énergie), l’Arsep (autorité de régulation des télécoms) et le Conseil national du numérique s’y intéressent aussi.

Onze appareils numériques pour chaque Français
Alors que chaque Français possède onze équipements numériques en moyenne (deux fois plus que la moyenne mondiale), il s’agit de ralentir voire de réduire la production de gaz à effet de serre qu’ils représentent. Mais même sur le constat, il y a débat. La mission parlementaire, qui a confié une étude à un consortium composé de Citizing et KPMG, estime que les appareils électroniques équivalent à 2 % des GES produits par la France et que ce sera 7 % en 2040 si rien n’est fait. C’est-à-dire davantage que l’aérien (4,8 %) , souligne son président LR, le sénateur de l’Ain Patrick Chaise.

Green IT estime que la pollution numérique représente déjà l’équivalent de 5,2 % des GES et 8,3 % de la consommation électrique. C’est probablement une question de périmètre des équipements pris en compte, explique Frédéric Bordage (Green IT), mais sur le rôle majeur de la fabrication, nous sommes tout à fait d’accord. Ce qui émet beaucoup de CO2, c’est la phase où l’on extrait les différents matériaux, notamment les minerais transformés en composants électroniques. 83 % des GES sont produits lors de la fabrication.

L’important est de « les garder le plus longtemps possible »
Autant dire que la lutte contre la pollution numérique se joue à cette étape. Finalement, on peut faire un peu ce que l’on veut avec nos équipements, estime Frédéric Bordage. L’important, c’est d’en avoir le moins possible et de les garder le plus longtemps possible.

Les sénateurs imaginent une taxe carbone sur les produits numériques aux frontières de l’Union européenne et une TVA réduite sur les produits reconditionnés. Il faudrait un milliard d’euros pour atténuer le poids du numérique, si on attend 2040, ce sera 12 milliards , argumente Patrick Chaize.

100 millions de smartphones qui se renouvellent trop vite
Si les 87 millions de télés pèsent lourd dans la facture GES, les 98 millions de smartphones (et téléphones mobiles) sont aussi au banc des accusés. Leur durée de vie est seulement de 24 mois, en partie parce que les opérateurs proposent régulièrement des appareils neufs à leurs abonnés.

Les sénateurs ont aussi l’ambition de modifier les comportements. Il faut supprimer les forfaits illimités de données pour responsabiliser l’utilisateur, estime Patrick Chaize. Quand on consomme un mètre cube d’eau, on est facturé en proportion, il faut que ce soit pareil pour internet.

La pollution numérique majoritairement due à la fabrication des appareils

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