Dernière ligne droite pour la présidence de France Télévisions

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Le CSA achève mardi les auditions pour la présidence de France Télévisions avec les passages des candidats donnés comme favoris: l’ancien patron de RTL Christopher Baldelli et l’actuelle dirigeante Delphine Ernotte.

Christopher Baldelli a résumé son projet, axé sur la qualité des programmes, par une question. “Si aujourd’hui en France nos concitoyens devaient payer pour avoir accès à l’audiovisuel public, on peut se demander combien seraient prêts à le faire?”

Pour convaincre les Français, et les conseillers du CSA, M. Baldelli, ancien patron de France 2, veut développer “l’innovation et la créativité” dans l’offre de fiction, en diminuant notamment la part de séries policières.

Côté information, le candidat souhaite lancer une “offre numérique locale commune” à France 3 et France Bleu, en collaboration avec “les collectivités locales et la presse quotidienne régionale”.

Il s’est également engagé à tenir la trajectoire financière fixée par l’Etat, visant l’équilibre pour 2022 malgré la crise du Covid-19. “J’ai toujours amené les entreprises que j’ai dirigées vers des résultats positifs”, a-t-il souligné.

Delphine Ernotte a au contraire estimé que la baisse des ressources publiques était “trop forte” pour 2021 et souhaite, si elle est réélue, “discuter avec l’actionnaire du passage de 2021 à 2022”.

La dirigeante a présenté une longue série de mesures: création d’un think tank et d’états généraux “pour imaginer la télévision de demain”, nouvelle façon de filmer la culture pour la rendre “aussi vivante qu’un événement sportif”, recentrer France 4 sur l’éducation et France 5 sur la prise de conscience écologique, créer une chaîne olympique numérique en vue des JO 2024, transformer france.tv et franceino en médias sociaux…

“Je ne viens pas vous dire : +voyez mon bilan, réélisez moi+, ce qui compte c’est notre engagement à construire un avenir soutenable et durable pour France Télévisions”, a-t-elle fait valoir.

Avant elle, un autre candidat, Pierre-Etienne Pommier, conseiller numérique de La République en marche à l’Assemblée nationale (LREM), avait jugé que la télévision publique “a abandonné toute volonté éditoriale et créative vis-à-vis des jeunes”, et promis le développement d'”écritures nouvelles”, la suppresion de l’ensemble des publicités sur France.tv et la mise en place d’une plateforme unique.

Serge Cimino, délégué SNJ à France Télévisions qui s’était déjà présenté en 2015, doit aussi être auditionné mardi.

– “Le pire job du monde” –

Lundi, les Sages ont évalué Sandrine Roustan, ex-directrice des programmes de France 4 qui travaille pour le deuxième plus gros groupe médiatique chinois Shanghai Media, Michel Goldstein, journaliste à France TV, Serge Schick, ex-directeur de la stratégie chez Radio France, et le patron de la RTBF (radiotélévision publique belge francophone) Jean-Paul Philippot.

“Il faut arrêter de ressusciter des programmes d’outre-tombe et réduire le nombre de programmes étrangers sur nos antennes”, avait lancé Mme Roustan, souhaitant “débrider la créativité en interne”, également à travers la production de podcasts.

Michel Goldstein a placé son projet sous le signe de l’e-sport, pour attirer les jeunes sur la TV publique, et du sport en général, qui est devenu selon lui “le maillon faible” de France Télévisions.

Serge Schick a souhaité “donner une nouvelle impulsion à la création” et propose “le renforcement de l’investigation” et “l’arrêt nécessaire des programmes d’infotainment”.

Jean-Paul Philippot a souligné “l’avance numérique” du groupe qu’il dirige et qu’il compte mettre à profit à France TV en lançant une nouvelle plateforme à destination des jeunes d’ici à2022.

Le CSA donnera au plus tard vendredi 24 juillet le nom du futur président de la TV publique, nommé pour un mandat de cinq ans.

Le mandat débutera le 22 août. L’heureux élu sera choisi par un vote à la majorité de six membres du CSA, le septième, Hervé Godechot, ne pouvant pas légalement participer au processus en sa qualité d’ancien de France Télévisions.

Souvent présenté comme “le pire job du monde”, la présidence de France Télévisions est le poste le plus important de l’audiovisuel français. Le lauréat ou la lauréate devra gérer un groupe d’environ 9.600 salariés (pour un budget de 3 milliards d’euros) et superviser la programmation de cinq chaînes qui ont enregistré ensemble une part d’audience de 28,6% cette saison.

Par Séverine ROUBY, Taimaz SZIRNIKS
AFP

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