Deux Chinois inculpés aux USA pour piratages informatiques, la Belgique également visée

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Le gouvernement américain a révélé mardi l’inculpation de deux Chinois accusés d’avoir mené, en coopération avec leur gouvernement, de nombreuses attaques informatiques notamment contre des entreprises engagées dans la recherche sur le Covid-19. La Belgique aurait également été visée.

Cette annonce s’inscrit dans un contexte de tensions exacerbées entre la Chine et les Etats-Unis, dont le président Donald Trump ne cesse d’imputer à Pékin l’ampleur de la pandémie de nouveau coronavirus.

Li Xiaoyu, 34 ans, et Dong Jiazhi, 33 ans ont été inculpés le 7 juillet par un grand jury de l’Etat de Washington pour “s’être introduit frauduleusement dans des ordinateurs du monde entier et avoir volé des terabytes de données”, selon l’acte d’accusation qui était resté sous scellé jusque-là.

Ces “deux hackeurs chinois travaillent avec le ministère chinois de la Sécurité d’Etat”, a déclaré John Demers, chargé des questions de sécurité nationale au sein du ministère de la Justice. “Ils pirataient en partie pour leur propre profit mais étaient désireux d’aider leur État”, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

Des entreprises belges également visées

Au-delà des attaques contre des entreprises d’une dizaine de pays occidentaux – dont la Belgique, l’Australie, le Royaume-uni ou encore l’Allemagne – , ils ont également visé “des organisations non gouvernementales, des religieux et des militants pro-démocratie et des droits de l’Homme aux Etats-Unis, en Chine et à Hong Kong”, a-t-il poursuivi.

Selon l’acte d’accusation, les deux hommes ont notamment donné aux autorités de leur pays les codes d’accès aux e-mails d’un dissident chinois en lien avec le bureau du Dalai-Lama et ceux d’un militant hong-kongais.

D’après ce document, les hackers s’étaient rencontrés lors de leurs études d’ingénieurs en Chine et ils ont volé ensemble, à partir de 2009, des secrets industriels estimés à plusieurs centaines de millions de dollars. Ils n’ont pas été arrêtés et se trouvent vraisemblablement en Chine.

Ils utilisaient des failles dans des serveurs et installaient des logiciels malveillants à l’insu de leurs victimes, s’emparant ainsi de donnés liées à des satellites militaires, à des panneaux solaires ou à des produits chimiques.

Récemment, ils “ont repéré des vulnérabilités” dans les systèmes informatiques d’entreprises californiennes engagées dans la recherche de vaccins, de traitements ou de tests de dépistage du nouveau coronavirus, a précisé le procureur fédéral chargé du dossier, William Hyslop.

Un piratage qui pourrait entraver la recherche

Les autorités n’ont pas précisé si les deux hommes étaient parvenus à leur dérober des secrets. “Mais nous sommes inquiets que ce piratage ou cette tentative de piratage ralentisse la recherche, parce qu’en cas d’intrusion, l’attention se concentre sur trouver un remède à cette brèche”, a souligné M. Demers.

Avec plus de 3,8 millions de cas positifs et plus de 140.000 morts, les Etats-Unis, pays le plus affecté au monde par la pandémie, fait face à une flambée depuis plusieurs semaines notamment dans l’ouest et le sud du pays.

Donald Trump, qui espère décrocher un second mandat lors de la présidentielle du 3 novembre, mise beaucoup sur la découverte rapide d’un vaccin pour sortir de cette crise sanitaire et économique.

Alors que le secteur de la santé est engagé à plein régime dans ces recherches, la police fédérale américaine et l’agence pour la cybersécurité l’avaient mis en garde début mai contre le risque de piratage chinois.

Pékin avait fermement démenti se livrer à ce type d’espionnage, mais début juillet, le directeur du FBI Christopher Wray avait réitéré ces accusations. “En ce moment-même, la Chine travaille à compromettre (…) la recherche américaine sur le Covid-19”, avait-il assuré.

Le gouvernement de Donald Trump a adopté ces derniers mois un ton très critique envers la Chine, accusée par le président d’avoir dissimulé l’ampleur de la propagation du nouveau coronavirus lors de son apparition dans le centre du pays en fin d’année 2019.

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