Le Collectif des plasticiennes fustige le mode de répartition des fonds du Pres

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Des artistes réunies autour du Collectif des plasticiennes du Sénégal (Cps) ont tenu, mercredi, une conférence de presse pour dénoncer une «discrimination» à leur égard dans la répartition des fonds alloués au secteur de la Culture dans le cadre du Programme de résilience économique et sociale (Pres).

Les artistes plasticiennes sont frustrées. La grande majorité de celles qui constituent le Collectif des plasticiennes du Sénégal ont, en tout cas, dit leur amertume et leur désaccord sur le mode de répartition des fonds alloués aux Arts visuels dans le cadre du Programme de résilience économique et sociale (Pres).

Adama Boye, la présidente du Cps, dit sa grande incompréhension de voir que seules huit femmes figurent parmi les 94 plasticiens sélectionnés dans l’appel à candidatures initié par le ministère de la Culture et de la Communication. «Nous demandons la prise en compte promotionnelle des femmes artistes dans tout octroi et manifestation de l’Etat», a plaidé en chœur le Cps, dans la note introductive lue par sa présidente, lors d’une conférence de presse, hier, au Village des Arts de Dakar.

Cet appel à candidatures était, en partie, arrêté par la tutelle pour distribuer aux Arts visuels les fonds pour la résilience. Une option qu’Adama Boye a d’ailleurs trouvée étonnante. D’après elle, il s’agissait simplement d’aider les artistes à faire face aux effets induits par le coronavirus et non d’organiser des acquisitions d’œuvres pour le patrimoine privé de l’État, d’autant plus que ce ne sont que 10% des œuvres qui sont sélectionnés. Au final, souligne A. Boye, ce «mode opératoire n’a permis qu’à enrichir certains plus que d’autres, suscitant frustrations et mécontentements». Des ressentis encore plus éprouvés par les femmes, selon elle, parce qu’elles sont discriminées.

Ainsi, Adama Boye a-t-elle invité, avec ses consœurs, l’opinion à mieux constater la situation de «ségrégation» subie par les plasticiennes par leur non prise en compte dans les politiques et initiatives culturelles. «Dans ce Village, les femmes ont cinq ateliers sur la cinquantaine. Ce n’est pas normal», a-t-elle regretté. La plasticienne a affirmé que la rencontre était une initiative de principe, pour rappeler leur valeur qui semble être omise. Elle a souligné qu’elles ont pourtant perdu des millions de FCfa avec les annulations dues au coronavirus, mais «ne sont pas associées et ne savent rien du travail et des méthodes du sous-comité sectoriel des Arts visuels».

Anta Germaine Gaye, artiste visuelle et membre du sous-comité en question, était présente pour, dit-elle, «lever toute équivoque et confusion». Elle a rappelé les prérogatives, a attesté de la bonne foi du sous-comité tout en signifiant que ce ne sont pas ses membres qui ont sélectionné. Anta Germaine Gaye a, en outre, défendu en toute courtoisie que les femmes ont certes à être mieux respectées et considérées pour leur remarquable travail, mais s’est également dit contre toute faveur liée au genre.

Mamadou Oumar KAMARA
LESOLEIL

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