Trump retire 12.000 soldats américains pour punir l’Allemagne

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Le chef du Pentagone Mark Esper a annoncé ce mercredi 29 juillet le retrait de quelque 12.000 soldats américains d’Allemagne, présentant ce projet comme nécessaire stratégiquement. Il a presque aussitôt été en partie contredit par le président Donald Trump qui s’est dit prêt à revenir dessus si l’Allemagne, qualifiée de “mauvaise payeuse”, augmentait sa contribution financière à l’Otan.

Des quelque 34.500 militaires actuellement déployés en Allemagne, environ 6.400 seront rapatriés aux États-Unis tandis que les 5.600 autres seront repositionnés dans d’autres pays de l’Otan, notamment la Belgique et l’Italie voire la Pologne et les pays baltes, a indiqué le ministre américain de la Défense au cours d’une conférence de presse.

Mark Esper a assuré que l’objectif était stratégique, notamment à titre de dissuasion envers la Russie.

Les États-Unis “floués”, assure Trump

Mais quelques minutes à peine après sa conférence de presse au Pentagone, Donald Trump a expliqué que ce retrait était dû au refus de l’Allemagne de “payer plus”. “On en a marre d’être des pigeons”, a déclaré depuis la Maison Blanche le milliardaire républicain. “Nous réduisons nos forces parce qu’ils ne paient pas. C’est très simple”.

“L’Allemagne n’a pas payé ce qu’elle devait à l’Otan, elle est largement en retard. Elle l’est depuis des années, et elle n’a aucune intention de payer ses dettes”, a-t-il aussi déclaré, assurant que États-Unis avaient été “floués” dans la manœuvre. Donald Trump a toutefois laissé entendre que ce plan pourrait être revu. “S’ils commençaient à payer leurs factures, je réfléchirais”.

Plusieurs déménagements d’ampleur
Le projet, dont le coût est évalué à plusieurs milliards de dollars, portera les effectifs militaires américains en Allemagne autour de 24.000, a indiqué Mark Esper. Environ 2.000 soldats seront répartis entre l’Italie et la Belgique.

Le commandement militaire américain en Europe (Eucom), actuellement basé à Stuttgart, déménagera à Mons, en Belgique, où se trouve le commandement de l’Otan, ce qui épargnera au général américain qui dirige traditionnellement les deux commandements des allers-retours entre les deux pays.

Une escadrille d’avions de chasse F-16 basée en Allemagne sera envoyée en Italie, plus près de la mer Noire où ils pourront protéger le flanc sud-est de l’Otan, a indiqué le ministre de la Défense. Le commandement militaire américain pour l’Afrique (Africom), qui se trouve aussi à Stuttgart, pourrait aussi déménager, mais aucune décision n’a encore été prise, a précisé le chef du Pentagone.

Les 2.500 militaires de l’US Air Force postés sur la base de Mildenhall, au Royaume-Uni, et qui devaient se repositionner en Allemagne, resteront au Royaume-Uni. Washington envisage aussi de repositionner des forces en Pologne et dans les États baltes, si un accord est trouvé avec ces pays sur leur statut.

Augmenter la dissuasion de l’Otan contre la Russie
Mark Esper a indiqué que les premiers mouvements pourraient intervenir dans “quelques semaines”, mais aucun retrait massif n’est prévu dans l’immédiat. Le numéro deux de l’état-major américain, le général John Hyten, a souligné que le projet n’était pour le moment qu’un “concept”. “Il faut maintenant en faire un plan”, a-t-il ajouté.

“Le repositionnement de nos forces en Europe représente un changement stratégique majeur et positif”, a assuré le chef du Pentagone. “Ces changements permettront indubitablement d’atteindre les objectifs centraux (qui sont) de relever le niveau de dissuasion des États-Unis et de l’Otan contre la Russie, de renforcer l’Otan, de rassurer les alliés et d’améliorer la flexibilité stratégique des Etats-Unis”.

Même si leur nombre a diminué depuis la Guerre froide, l’Allemagne accueille plus de soldats américains que n’importe quel autre pays européen, un héritage de l’occupation alliée après la Seconde Guerre mondiale. Le retrait de ces forces américaines pourrait avoir un impact financier important pour les villes concernées, notamment Stuttgart où se trouvent les commandements pour l’Europe et l’Afrique.

Les dirigeants de quatre États régionaux allemands ont écrit aux élus du Congrès américain pour leur demander d’empêcher la réduction de la présence militaire américaine dans le pays. Donald Trump, qui accuse l’Allemagne de profiter financièrement de la présence militaire américaine, avait annoncé en juin cette réduction des effectifs militaires américains, en pleine période de tensions avec la chancelière allemande Angela Merkel.

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