LES LEVEES DU CORPS, LES ENTERREMENTS – Ces autres lieux de contaminations

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Le directeur de l’hôpital principal de Dakar, le Général Mame Thierno Dieng est sans ambages. «Comme la plupart des décès ont eu lieu au niveau de l’hôpital principal, nous avons pu faire la traçabilité et ils ont tous contracté la maladie lors des cérémonies, et principalement des funéraires». Et de poursuivre : «les levées du corps, les enterrements, entre autres, c’est des circonstances où la plupart des personnes qui décèdent ont contracté la maladie ». Aussi ajoute le Général Dieng, «le lieu d’infection corrélé également au profil socio-démographique. Il s’agit de grands marabouts et autres qui vont volontiers dans ces cérémonies-là».

Pr. Seydi plaide pour l’extension de la capacité du centre de traitement de l’hôpital Fann

«Nous travaillons de concert avec les réanimateurs et mieux, avec le Samu. Sur le plan organisationnel, nous savons que les réanimateurs qui ne sont pas aussi nombreux. Est-ce que ce n’est pas possible, au niveau de l’hôpital de Fann, puisqu’il y a beaucoup d’espace, d’étendre la capacité de prise en charge, sur la base de ce travail qui est en train d’être fait par les prés fabriqués ? En sachant que chaque cabine peut être utilisée comme des espaces de réanimations» a déclaré l’infectiologue en guise de doléance au Chef de l’Etat.

DR AMADOU ALPHA SALL, DIRECTEUR DE L’INSTITUT PASTEUR DE DAKAR : «L’épidémie est sortie de Dakar et migre vers les autres régions»
Le directeur de l’institut Pasteur de Dakar, Dr Amadou Alpha Sall, a fait savoir que le virus en en train de prendre ses aises dans les autres régions. «Ne nous voilons pas la face. L’épidémie est sortie de Dakar et migre vers les autres régions. Et il est extrêmement important que les cas graves dans les autres régions soient rapidement dépistés, de manière à ce que leur prise en charge soit rapidement faite pour qu’ils aient plus de chances de s’en sortir», a déclaré Dr. Sall. Aussi, poursuivi la blouse blanche, «un autre défireste la surveillance de l’épidémie. Cela permet de déployer une stratégie pour atteindre les communautés. Dans ce déploiement, il y a le déploiement des méthodes classiques mais aussi des tests rapides».

PR. NIANG, SOCIO ANTHROPOLOGUE : «Nous sommes restés cantonnés à un paradigme médical et biomédical»

Le socio anthropologue, Pr. Niang, a dépisté une riposte non contextualisée face à la pandémie du nouveau coronavirus. «Nous sommes restés cantonnés à un paradigme médical et biomédical. Et cela pose problème», a indiqué Pr. Niang. Pour lui, « une épidémie n’est pas une maladie. Une épidémie n’est pas un agent viral seulement. L’épidémie est sociale et fait appel intervention culturelle». Ainsi pour relever l’une des fausses notes de la riposte, le socioanthropologue indique clairement que «il n’y a pas de présentation socio anthropologique. S’il ne s’agit que de réponse médicale, les Etats-Unis de l’Amérique ne seront pas là où ils sont. Et de même s’il ne s’agit que de repose militaire, musclée, on n’en serait pas là. C’est parce que l’épidémie, c’est les relations sociales, la culture, c’est la manière d’amener la société tout entière à faire face à un défi». Par ailleurs, pour répondre au Pr. Niang, la directrice de l’action sociale, Dr Arame Top Sène, a assuré que « dans les interventions, nous avons tenu à mettre en avant des déterminants sociologiques considérants plus facteurs de la société tels que la pauvreté, l’analphabétisme. C’est la raison pour laquelle pour chaque région ou localité, on savait exactement quel type d’intervention est propice dans ce milieu».

Pr Eva Marie Coll Seck indexe une réponse l’approche communautaire tardive

L’ancien ministre de la santé n’a pas usé d’euphémisme pour évaluer à sa manière la stratégique adoptée par l’actuel ministre de la santé et de l’action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr. «Pour moi, l’approche communautaire dont on parle, c’est une approche qui est venue en cours de route. Alors qu’elle aurait pu exister au départ. Et c’est cela qui fait que parfois on a des surprises» a laissé entendre Pr. Seck. Et d’expliquer : « Tous les pays peuvent se targuer de dire avoir adopté une approche communautaire, mais la grande question reste à savoir quand et comment l’a-t-on fait ? La prise en charge des cas graves et la réflexion sur les comorbidités, à quel moment on en a parlé ? Donc, les stratégies peuvent être les mêmes, mais il faut qu’on sache qu’il y a des séquences importantes, il y a un timing important et il y a aussi la nécessité de faire les choses, souvent en même temps. Et c’est cela qui peut nous amener vers un résultat».

Mardochée PRÉCIEUX | SUDONLINE

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