Vivez la trentième Nuit des étoiles avec RFI

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Ce vendredi 7 août marque le coup d’envoi de la trentième édition des Nuits des étoiles, le rendez-vous annuel qui incite à lever les yeux au ciel. RFI vous propose une édition spéciale, en direct et en public, depuis le parc Montsouris de 20h à 22h TU. Une émission à suivre également en direct depuis la page Facebook de RFI.

« Tout se passe un peu comme si on avait accepté que l’astronomie et l’espace ne nous intéressaient plus directement. Comme si c’était devenu extérieur à nous ». On sent une pointe de regret dans la voix d’Olivier Las Vergnas, le président de l’Association française d’astronomie (AFA) quand on lui demande ce qu’il pense du rapport entre ses concitoyens et le ciel nocturne.

En cause, selon lui et de nombreux autres, la lumière artificielle. Chaque nuit, ce sont ainsi 11 millions de lampadaires qui s’allument en France, sans compter les enseignes des magasins et autres points lumineux. Les villes génèrent ainsi un halo lumineux qui empêche de voir le ciel ; on estime qu’un tiers de l’humanité ne voit plus aujourd’hui notre galaxie, la Voie lactée, et que 90% des humains ont un ciel nocturne dégradé. « En ce moment, on est gâtés, on voit Jupiter, Saturne … mais ça ressemble à un avion, les gens ne les distinguent pas », poursuit Olivier Las Vergnas.

Le drame de la pollution lumineuse

Cette pollution lumineuse a également un impact sur la faune, qui a besoin de noirceur nocturne pour bien vivre. « Beaucoup de petits oiseaux migrent de nuit pour éviter les prédateurs », explique Benoît Deffrennes, garde-moniteur au parc national des Cévennes. « Ils vont être attirés et désorientés par nos lumières. Ils utilisent normalement les étoiles, mais ils ont affaire avec ces sources lumineuses utlra-puissantes qui les masquent. Aux Etats-Unis, on estime que ces lumières engendrent la mort d’un milliard d’oiseaux chaque année. »

Cependant, il existe un début de prise de conscience. Il existe ainsi trois Réserves internationales de ciel étoilé (RICE) en France, dont le parc des Cévennes. « Il existe déjà les trames vertes et bleues, liées à la continuité de la présence de forêts et d’eau pour permettre à différentes populations d’animaux de se déplacer », explique Jessica Ramière, technicienne accueil et sensibilisation au parc des Cévennes. « Nous travaillons désormais sur la notion de trame sombre et considérer des corridors qui restent toujours dans la noirceur ». Le parc a ainsi engagé ses communes à mener un programme de rénovation de l’éclairage public : interruption au cœur de la nuit, baisse de puissance, suppression d’un lampadaire sur deux… Les effets sont notables et permettent à la faune de mieux vivre, et aux humains de retrouver le ciel.

« Le plus bel instrument pour regarder le ciel, ce sont les yeux », sourit Denis Denis Correcher, qui dirige l’observatoire Claude Tavenier, dans le parc des Barroneries provençales. « Contempler l’ensemble de la voûte céleste sous un ciel aussi limpide, c’est à chaque fois aussi fascinant, féérique. On ne s’en lassera jamais. » Il faut dire que le spectacle offert par le ciel en ce mois d’août est particulièrement prenant : « On voit un grand nombre d’étoile à l’œil nu dans un ciel dégagé de pollution lumineuse. On n’observe cependant qu’une infime partie des étoiles qui peuplent la voie lactée. Ce qui est remarquable actuellement, ce sont trois constituants de notre système solaire : Jupiter, Saturne et Mars, qui sont visibles à l’œil nu. »

Mars brille en effet particulièrement bien de sa lueur rougeâtre. C’est pour cette raison que l’Association française d’astronomie a en quelque sorte décidé de lui dédier ces Nuits des étoiles. Car qui dit Planète rouge associe souvent la question de la vie ailleurs. Le thème de cette édition est donc : « Sommes-nous seuls dans l’Univers ? ». Mars est par exemple la cible cette année de trois missions spatiales chargées d’apporter quelques éléments de réponse à cette question.

Ce vendredi soir, RFI va justement faire le point sur les connaissances dont on dispose sur ce sujet. Parmi nos invités, Michel Viso est exobiologiste au Cnes, l’agence spatiale française, et travaille sur Mars2020, la mission de la Nasa qui a décollé le 30 juillet dernier. A ses côtés pour en parler, Mathieu Agelou, ingénieur au CEA, co-auteur de Où sont-ils ? Les extraterrestres et le paradoxe de Fermi.

Nous accueillerons également l’astrophysicien Bruno Guiderdoni, directeur de recherche CNRS et ancien directeur de l’observatoire de Lyon. Spécialisé dans la question du lien entre science et religion, nous verrons avec lui ce qui changerait effectivement, d’un point de vue philosophique et théologique, si jamais on découvrait que la vie existe ailleurs que sur Terre. Olivier Las Vergnas, le président de l’Association française d’astronomie (AFA) sera également avec nous. Le créateur des Nuits des étoiles nous racontera ce que l’on peut voir dans le ciel en ce début de mois d’août.

Cette émission spéciale aura lieu en direct et en public, de 20h TU à 22h TU (22h à minuit, heure de Paris), à côté des télescopes mis en place par l’AFA pour les visiteurs, dans le parc Montsouris de Paris. Elle sera également à suivre en Facebook Live sur la page de RFI. Vous êtes invités à y laisser vos commentaires sur le ciel, tel qu’il est chez vous, et à réagir et poser vos questions à nos invités.

RFI

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