La France prépare la guerre aérienne du futur

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Le “système de combat aérien du futur” (Scaf), un programme de coopération avec l’Allemagne et l’Espagne, va redéfinir l’engagement de l’aviation. Objectif : la mise en réseau d’équipements technologiques de pointe dotés d’intelligence artificielle.

Cet article est extrait du mensuel de Sciences et Avenir n°881/882 daté juillet/août 2020.

Été 2040. L’essaim de drones se dirige vers une base secrète ennemie, dont le radar est aussitôt saturé par le nombre d’engins à détecter. Il ne distingue pas l’avion de combat de dernière génération caché au sein de cette meute de robots volants autonomes. Le chasseur reçoit en temps réel les images détaillées du terrain, saisies par un satellite d’observation. L’analyse de ces données par les algorithmes d’intelligence artificielle (IA) embarqués, confirme qu’il s’agit bien d’une installation militaire hautement stratégique. Dans le cockpit, l’IA affiche les meilleures options pour détruire la cible. D’un simple regard, le pilote valide le tir d’un missile air-sol… Cette opération imaginaire dans laquelle drones, algorithmes et humains collaborent à une même mission est un aperçu de ce que pourrait être la guerre du futur. “Une guerre de systèmes en réseau, dans laquelle le pilote d’un avion de combat devra davantage se concentrer sur la réussite de sa mission que sur le pilotage”, commente Bruno Fichefeux, directeur chez Airbus du programme Scaf (Système de combat aérien du futur), un programme de coopération entre la France, l’Allemagne et l’Espagne. Fondé sur le combat collaboratif, le Scaf est un ensemble d’armes connectant et exploitant – grâce à l’IA – avions de combat, drones, radars, etc. Objectif : répondre aux menaces prévisibles à l’horizon 2040.

Des informations sensibles et fortement protégées

Le cœur du Scaf est le “système d’arme nouvelle génération” ou NGWS (Next Generation Weapon System) constitué de trois éléments : un nouvel avion de combat susceptible d’être converti en drone (New Generation Fighter ou NGF) ; de nouveaux drones (Remote Carriers ou RC) ; et un “nuage de combat” (Air Combat Cloud ou ACC). Ce dernier met en réseau ces nouvelles “plates-formes” (NGF et RC) avec les autres composants du Scaf : des avions de combat comme le Rafale – qui restera opérationnel bien au-delà de 2040 -, des avions ravitailleurs, des missiles, des satellites, des navires, etc. L’ACC servira à stocker, traiter, analyser et partager les informations collectées, sensibles et fortement protégées. “Nous réalisons déjà des communications par laser entre satellites avec notre système Space-DataHighway et avons testé des liens entre un satellite et un avion. Nous réfléchissons à ce type de communication dans le programme Scaf car le laser permet de transférer rapidement de gros volumes de données, de l’ordre de 2 gigabits par seconde, tout en étant quasiment impossible à brouiller et à intercepter”, explique Bruno Fichefeux.

Par Olivier Hertel

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