Nouvelle menace sur le gazoduc Nord Stream 2

0
146

Une fois encore le sort du gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l’Allemagne semble compromis. L’usage de ce tuyau en cours de construction dans les eaux de la Baltique pourrait être remis en cause si le Kremlin refuse de coopérer à l’enquête sur l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny.

Pour la première fois, un membre du cabinet d’Angela Merkel a clairement envisagé cette menace dans ses discussions avec le Kremlin. Un changement de ton notable de la part de la chancelière. Jusqu’à maintenant, elle a toujours refusé de faire l’amalgame entre les relations diplomatiques tendues avec Moscou et ce contrat commercial jugé stratégique pour l’approvisionnement énergétique de l’Allemagne. La chancelière bouge aujourd’hui sous la pression de certains membres de son parti, la CDU. « Le seul langage que le Kremlin comprenne, c’est celui du gaz », affirme l’un des aspirants à la succession de Angela Merkel, Norbert Röttgen, le président de la commission des Affaires étrangères du parlement allemand. Même tonalité chez le ministre des Affaires étrangères, le social-démocrate Heiko Maas, alors que son parti est traditionnellement acquis à la cause du gaz russe. Il l’a dit à la télévision: si Moscou ne coopère pas à l’enquête, il serait erroné d’exclure a priori des conséquences pour Nord Stream 2.

Le gazoduc est quasiment terminé. Il pourrait entrer en service dès l’an prochain. Est-ce crédible d’envisager sa mise à l’arrêt ?

Douze milliards d’euros ont été dépensés dans ce chantier, dirigé par les Russes. Gazprom détient 50 % des parts de la société, les Allemands Uniper et Wintershall DEA, le Néerlandais Shell, l’Autrichien OMV et le Français Engie complètent le tour de table. Un arrêt total provoquerait sans doute une avalanche de procédures de dédommagements pour toutes les entreprises concernées. En terme d’approvisionnement, l’effet est plus mesuré : car Nord Stream 2 dans un premier temps ne pourra pas fournir autant de gaz que son grand frère, Nord Stream 1, mais environ deux fois moins en raison d’une nouvelle réglementation du marché européen du gaz. La condamnation du gazoduc serait toutefois une déconvenue pour les pays qui comptent sur cette nouvelle source d’approvisionnement. Outre l’Allemagne, c’est le cas de l’Italie, l’Autriche et la Slovaquie mais aussi de la République Tchèque qui escompte des royalties sur le transit du gaz destiné à ses voisins du Sud.

Ce gazoduc n’en n’est pas à sa première controverse. Son existence a été déjà été maintes fois remise en cause.

En Europe, la Pologne est son plus farouche opposant, elle lance d’ailleurs des procédures contre toutes les sociétés impliquées dans le consortium pour rupture des règles de la concurrence. Le Danemark a tergiversé pendant deux ans avant de donner son feu vert au tracé l’hiver dernier. Et depuis, ce sont les États-Unis qui sont à l’offensive, au nom du droit américain comme ils ont coutume de le faire. Le Suisse Allseas, expert mondial des chantiers sous-marins, a jeté l’éponge à cause des menaces de sanctions américaines. Cet été, les élus républicains ont accru la pression : ils veulent dorénavant cibler des personnalités et toutes les entreprises, une centaine, impliquées dans le projet. Pour l’instant, l’Europe n’a pas cédé, estimant que les Américains défendent d’abord leur gaz liquéfié qu’ils veulent exporter en Europe. On verra dans les prochains jours si le sort d’Alexeï Navalny fait bouger les lignes.

Les chiffres du commerce extérieur chinois très contrastés pour le mois d’août

Les exportations ont largement rebondi, + 9,5 % sur un an, c’est un rythme inespéré. En revanche, les importations restent en négatif : – 2,1 %. La consommation interne serait moins forte que ce qui est attendu par les prévisionnistes.

L’envoi mystérieux de graines chinoises via Amazon sème le trouble aux États-Unis

La plate-forme interdit dorénavant les ventes de graines via des importateurs étrangers. sSuls les vendeurs américains seront autorisés. Les clients qui ont reçu les semences sans les avoir commandées ont été intrigués par ces cadeaux, peut-être de simples appâts commerciaux. Pour l’instant, ces semences distribuées dans une cinquantaine d’États se révèlent sans danger, mais l’administration enquête et enjoint aux consommateurs de ne pas les planter.

RFI

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here