REVUE ANNUELLE CONJOINTE SUR LA MISE EN ŒUVRE DU PSE Les bons et mauvais points de 2019

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La Revue annuelle conjointe (Rac) portant sur la mise en œuvre des actions prioritaires du PSE, a été présentée, hier, au cours d’un atelier de validation avec les partenaires techniques et financiers du Sénégal. Le document a révélé des points positifs enregistrés en 2019 et des contre-performances qu’il faut améliorer avec le plan de relance économique en gestation.

Le ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération a tenu, hier, un atelier. Ainsi, des performances ont été notées dans certains domaines tels que l’accès à l’électricité, à la santé et dans le secteur du tourisme.

Suivant les statistiques de la Revue annuelle conjointe (Rac) de la politique économique et sociale du pays de 2019, 70 % de la population sénégalaise a eu accès à l’électricité en 2019. Mieux pour l’électrification rurale, le taux est passé de 42,3 % en 2018 à 54 % en 2019, soit une augmentation de +11,6.

Quant à la part des énergies renouvelables dans la puissance installée, elle est estimée à 20,3 % en 2019, contre 17,5 % en 2018. Des performances dues, souligne-t-on, à la mise en service de nouvelles centrales et le développement des énergies renouvelables.

Outre l’énergie, le secteur de la santé a également connu des performances remarquables en 2019. En effet, la proposition d’accouchements assistés par un personnel qualifié est estimée à 74,5 % en 2019 contre 74,2 % en 2018 et les enfants âgés de 12-23 mois vaccinés à 75,5 % en 2019, contre 70,2 % en 2018.

Cependant, le taux d’achèvement en CPN a chuté de 54,8 % en 2019, contre 58,5 % en 2018. Ce qui montre que des efforts restent à faire pour atteindre les cibles de l’ODD 3.

Ces chiffres ont été livrés hier, lors de l’atelier de validation technique de la Revue annuelle conjointe (Rac) de la politique économique et sociale du pays de 2019. Une rencontre qui a permis aux différents acteurs des politiques publiques de porter une appréciation sur la stratégie de croissance et de passer en revue l’ensemble des résultats des politiques sectorielles obtenus, y compris les progrès dans la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD).

Il s’est agi aussi de faire la revue des politiques publiques de développement de 2019, pour voir les points positifs et ceux à améliorer.

De ce fait, on note que le secteur du tourisme, actuellement en pleine crise, avait pourtant enregistré de bons résultats en 2019, avec un nombre d’entrées de touristes de +23,0 %, passant de 1 592 923 en 2018, à 1 958 828 en 2019. Le nombre de nuitées hôtelières avait aussi augmenté de +40 % et les recettes touristiques ont évolué à +29,4 % (864,97 milliards de F CFA soit 6,5 % du PIB).

Les secteurs ayant enregistré des contre-performances en 2019

Cependant, dans les secteurs tels que l’éducation, l’agriculture et la pêche, des efforts restent à faire. En effet, en ce qui concerne l’éducation, le taux brut de préscolarisation a chuté en 2019, avec 17,6 % en 2019, contre 17,8 % en 2018. De même que le taux brut de scolarisation au primaire a chuté de -1,5 PDP avec 84,9 % en 2019, contre 86,4 % en 2018.

Toutefois, la note positive dans ce secteur est le taux d’achèvement au primaire qui a évolué de 62,30 % en 2019, contre 59,8 % en 2018. Mais, précise-t-on, il reste en deçà de la cible de 65 %.

Des défis restent donc à relever pour rehausser la qualité des enseignements et améliorer, souligne-t-on, la durée moyenne de scolarisation, afin de favoriser le renforcement du capital humain nécessaire à la transformation structurelle de l’économie.

Le secteur agricole a enregistré des contre-performances en 2019, avec la chute de la croissance qui était de 9,9 % en 2018, contre 2,9 % de la VA en 2019. Cette situation s’explique, selon les experts, par la répartition inégale de la pluviométrie et l’installation tardive de l’hivernage sur la majeure partie du territoire, durant la saison précédente. Ce qui a eu comme conséquences une baisse de la production céréalière de -2,4 %, avec une récolte estimée à 2 768 799 tonnes en 2019, contre 2 889 023 tonnes en 2018. La production arachidière a aussi connu, en cette même période, une baisse de 5,3 %. Elle a ainsi été estimée à 1 421 288 tonnes en 2019, contre 1 500 288 tonnes en 2018.

Cependant, les perspectives pour 2020 sont favorables pour ce secteur. En effet, avec l’hivernage pluvieux, l’on espère qu’avec les effets néfastes de la Covid-19 sur l’économie, l’agriculture pourra tirer la croissance grâce aux bonnes récoltes en perspective. ‘’Pour ce qui du taux de croissance, on risque de passer à -0,7 %, si la tendance actuelle continue. Mais après ces estimations, j’ai suivi de près les tournées de mon collègue de l’Agriculture qui pense qu’avec l’hivernage qu’on a eu cette année, les productions vont augmenter plus que prévu. Il y a de fortes chances d’ailleurs qu’on revoie cette hypothèse de -0,7 qui est retenue à la date d’aujourd’hui. En effet, dans un ou deux mois, lorsque nous aurons toutes les données statistiques sur le secteur agricole, nous verrons quel sera le nouveau taux de croissance’’, indique le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, Amadou Hott, qui présidait l’atelier de validation de la Rac.

Outre l’éducation et l’agriculture, le secteur de la pêche a aussi enregistré des contre-performances et est loin d’atteindre les objectifs du PSE. ‘’Les points où on a besoin de beaucoup d’efforts, c’est au niveau de la production aquacole, surtout au niveau de la pêche et de l’aviculture. Nous sommes vraiment en retard par rapport aux objectifs du PSE. Par exemple, avec 40 mille tonnes de poisson prévus, nous sommes à mille et quelque. Donc, il y a de gros efforts à faire’’, souligne le ministre.

Les perspectives pour la relance

En cette période de Covid qui a frappé de plein fouet les différents secteurs économiques, il a aussi été question de réfléchir sur les plans de relance efficaces pour une sortie de crise. Et pour ce faire, l’Etat veut privilégier les partenariats publics-privés (PPP). ‘’Le secteur privé va jouer un rôle plus important durant les trois prochaines années, pour la relance, avec plus de projets PPP, grâce à l’adoption, le mois prochain, de la loi PPP. Des réformes importantes seront également mises en œuvre pour accompagner les nouvelles priorités que sont : la souveraineté alimentaire, sanitaire et pharmaceutique. Il ne s’agit pas seulement de construire de nouveaux hôpitaux, mais de réformer le secteur de la santé et la gouvernance de la santé pour plus d’efficacité de l’investissement. Il faut aussi mettre en place des réformes, pour qu’on ait plus d’investissements privés aussi dans le secteur de la santé. Il faudra également se focaliser davantage sur la protection sociale et sur l’économie numérique’’, indique Amadou Hott.

En outre, le tourisme étant parmi les secteurs les plus touchés par la crise sanitaire, la relance de ce secteur qui souffre encore des effets de restriction liés à la pandémie est ‘’au centre du Plan d’actions prioritaires ajusté et accéléré pour la relance de l’économie – PAP2A’’. L’objectif est surtout de relancer le tourisme local. ‘’Au début de la crise, nous avions estimé que le taux de croissance 2020 devait s’établir à +1,1 %. Il y avait une hypothèse comme quoi, une reprise des activités allait être relativement importante, à partir du troisième trimestre. Mais on se rend compte que la Covid s’est installée un peu partout et, dans certains pays, nous voyons des cas plus importants. Le monde étant aujourd’hui très globalisé, si les choses ne s’améliorent pas ailleurs, nous allons forcément le sentir. Par exemple, le secteur du tourisme international est carrément au ralenti. C’est pourquoi, dans les recommandations, il est prévu de relancer le tourisme local et c’est ce que nous avons prévu de faire dans le PAP2A’’, a déclaré le ministre.

MOUBARAK LO, DG BUREAU PERSPECTIVE ET METHODE

‘’La Covid ne peut pas expliquer le non-envoi d’une revue’’

Le directeur général du Bureau Perspective et Méthode a profité de la présentation de la revue annuelle conjointe pour rappeler aux ministres que la Covid-19 ne peut être un prétexte pour ne pas envoyer leur revue annuelle. ‘’L’année dernière, tous les ministères avaient envoyé leur rapport de revue annuelle.

Mais cette année, on peut les compter sur les doigts d’une main. Je pense que la Covid ne peut pas expliquer le non-envoi d’une revue. Je voudrais demander aux ministères systématiquement d’adresser à la DGPPE du ministre de l’Economie, comme à chaque année, leur rapport de revue. Covid ou pas’’, a déclaré l‘économiste, par ailleurs membre de la Direction générale de la planification et des politiques économiques (DGPPE).

ABBA BA
SOURCE ENQUETEPLUS

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