États-Unis: les électeurs démocrates progressistes unis face au duo Biden-Harris?

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Moins de deux mois avant l’élection présidentielle aux États-Unis, l’aile progressiste du camp démocrate va-t-elle se rallier à Joe Biden le 3 novembre prochain ? Les militants les plus à gauche du parti se réjouissent des inflexions que Joe Biden a concédées (sur l’assurance santé pour tous, la réforme pénale ou encore le Green New Deal), même si ce n’est pas leur candidat Bernie Sanders mais la plus centriste Kamala Harris qui a été choisie comme colistière.

Militante démocrate afro-américaine, Sheila Meyers a commencé à s’engager en 2016 quand Donald Trump a remporté l’élection. « Je me considère comme une indépendante progressiste. Les opinions politiques de Bernie Sanders correspondent davantage à ce que je souhaite pour le pays. Comme Medicare for All, l’assurance maladie pour tous, le Green New Deal, les réformes du système pénal, ce genre de choses. »

Malgré ses positions politiques, le ticket démocrate avec Joe Biden et Kamala Harris comme colistière lui convient. « J’aime vraiment bien ce ticket. Mais il y a des moments où ses opinions politiques ont un peu fluctué, par exemple sur Medicare for All, elle a un peu hésité. Mais dans l’ensemble, je l’apprécie vraiment. Et dernièrement, elle est devenue un peu plus progressiste dans certaines de ses positions politiques, notamment en ce qui concerne la réforme de la justice pénale et de la police. »

Kamala Harris pourrait « attirer beaucoup d’électrices modérées »

Torry Lane Mercer est démocrate et écologiste radical, engagé au sein du mouvement « Extinction Rebellion ». Et, selon lui aussi, Kamala Harris est un bon atout pour les progressistes. « C’est une bonne chose que Kamala Harris soit là, parce qu’elle attire beaucoup d’électrices modérées, qui ne sont pas nécessairement du camp progressiste », fait remarquer Torry Lane Mercer. « Mais ce sont des femmes de couleur et elles vont être enthousiastes et être impatientes de voter. Et quand qu’elles voteront pour Kamala Harris et Joe Biden, elles voteront sûrement aussi pour un grand nombre de candidats progressistes qui seront sur le bulletin de vote ».

Chercher l’union du Parti démocrate

Car le jour de la présidentielle, les électeurs américains votent aussi pour remplacer bon nombre d’élus du parlement fédéral et des parlements locaux : 435 membres de la chambre des représentants, 35 des 100 sénateurs et 11 gouverneurs d’États. Selon Torry Lane Mercer, le fait que Joe Biden cherche l’union des démocrates représente un avantage pour les progressistes. « S’ils sont devant une caméra ou un micro quelque part, ce qui compte, c’est qu’ils parlent du Green new deal, du salaire minimum de 15 dollars de l’heure, de la couverture maladie universelle. Ils sont devant une caméra et disent qu’une politique progressiste est ce dont nous avons besoin. Qu’ils y croient vraiment eux-mêmes, ce n’est qu’un bonus. »

Pour Mark Jones, professeur de science politique à la Rice université de Houston, les progressistes ont un agenda à faire avancer. « L’aile progressiste du parti démocrate est en pleine ascension. Je pense que ce groupe va le plus souvent se montrer coopératif. Mais en même temps, il va essayer de faire avancer son programme idéologique : interdire la fracturation hydraulique, adopter un système de couverture médicale universelle, accorder une réparation pour l’esclavage » indique-t-il. « ls vont essayer de faire avancer ces idées dans le but d’en réaliser certaines, et faire en sorte que Joe Biden soit amené à faire des compromis. »

L’aile progressiste « se bat pour le contrôle du parti démocrate »

Mais ces démocrates veulent aller encore plus loin, comme le confirme l’écologiste radical Torry Lane Mercer. « Nous ne nous battons pas seulement contre les républicains ici. Les progressistes se battent aussi pour le contrôle du parti démocrate. Nous ne le contrôlons pas encore. Les corporatistes, les gens du DNC (comité national démocrate) contrôlent toujours le parti démocrate. Mais nous sommes en quelque sorte au même stade que le Tea Party il y a 8 ans. Ils essayaient de prendre le contrôle du parti républicain et ils l’ont fait avec Trump. »

Cependant certains parmi les plus à gauche ne voteront pas pour Joe Biden. Comme David Smith ancien syndicaliste, il fait partie aujourd’hui parti d’un mouvement antifasciste à Houston. « Nous sommes parfaitement d’accord. Trump doit s’en aller. Et nous pensons qu’il y aura un nombre suffisant de personnes qui voudront voter contre Trump, pour l’éjecter de la Maison Blanche. D’un autre côté, aucun d’entre nous ne croit vraiment que Joe Biden mérite un vote. Ce type partage la responsabilité de la mort de trois millions de personnes en Afghanistan et en Irak au cours des dernières décennies. C’est inacceptable. »

Mais comme l’élection du mois de novembre ressemble de plus en plus à un referendum « pour » ou « contre » Donald Trump, la majorité des progressistes ira voter contre lui et donc pour Joe Biden.

RFI

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