Présidentielle en Bolivie: fin de campagne électorale sous tension

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Derniers jours de campagne en Bolivie où l’on vote ce dimanche le 18 octobre. Un an après le fiasco des élections de l’an passé qui avaient abouti au départ et à l’exil du président Evo Morales, le président de l’époque, le scrutin cette année s’annonce sous tension et surtout très incertain.

C’est le mot « tension » qui définit le mieux ces derniers moments de campagne. Les militants des différents partis se frictionnent quand ils se croisent lors de rassemblements : insultes, coups, agressions… Les candidats ne sont pas épargnés non plus. Les fausses nouvelles pleuvent ces dernières semaines, comme ce faux certificat médical affirmant que le candidat centriste Carlos Mesa est atteint d’Alzheimer. Par ailleurs, au sein même du gouvernement, on ressent des tensions. Il y a quelques semaines à peine, trois ministres ont démissionné pour mésentente avec la présidente intérimaire, Jeanine Añez.

 

 

Désir démocratique

Les Boliviens témoignent d’un véritable « désir démocratique » après le fiasco des élections de l’an dernier, et après avoir été gouvernés pendant un an par des autorités non élues. Mais s’ils veulent aller voter, certains craignent de se rendre aux urnes, en raison du Covid-19 : la Bolivie vient à peine de vivre le pic de l’épidémie au mois de septembre. Le pays, qui compte 11 millions d’habitants a enregistré plus de 138.000 cas de Covid-19 et près de 8.300 décès.

Par ailleurs, certains secteurs semblent prêts à en découdre, ceux qui craignent la fraude électorale. Ils ne se laisseront peut-être pas faire si les résultats du vote ne correspondent pas à leurs attentes.

Beaucoup sont inquiets des débordements qui pourraient avoir lieu. Car les Boliviens sont traumatisés par les événements de l’an passé. Ils ont assisté à des affrontements dans les rues, à des blocages, il y a eu des morts, et personne ne veut revivre cela.

Que disent les enquêtes d’opinion ?

Toutes les enquêtes donnent le candidat Luis Arce en première position. Candidat du MAS, il a été ministre de l’économie d’Evo Morales. Il est en partie à l’origine de la bonne santé économique du pays depuis 2006. Il obtiendrait 34 % des suffrages et serait opposé au deuxième tour à Carlos Mesa, qui cumulerait quant à lui 28 % des votes. Carlos Mesa a été président intérimaire pendant peu de temps. Il n’avait à l’époque pas réussi à gouverner tant les tensions sociales étaient fortes dans le pays.

Reste un outsider : Fernando Camacho, très engagé l’an passé dans les manifestations contre Evo Morales. C’est un conservateur qui penche vers l’extrême droite. Mais n’oublions pas qu’il y a entre 20 et 25 % des votants qui sont toujours indécis. Ce sont eux qui feront la différence.

source rfi

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