Thaïlande: la fronde étudiante continue, nouvelle manifestation contre le Premier ministre

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Nouvelle journée de mobilisation à Bangkok avec le départ du cortège devant le Monument de la démocratie, en plein centre-ville. Depuis le mois de juillet, la jeunesse en Thaïlande réclame le départ du Premier ministre et la remise à plat de la Constitution qui accorde de très larges pouvoirs à l’armée.

Avec Carol Isoux et Vincent Sourieau, correspondante du service international de RFI à Bangkok 

Ce mercredi matin, des centaines d’hommes au crâne rasé et en t-shirt jaune, couleur de la monarchie, descendaient des fourgonnettes de la police. Des policiers en civil pour la plupart, mais aussi des manifestants pro-monarchie, prêts à en découdre avec les étudiants, qui ont pourtant donné pour mot d’ordre de ne surtout pas répondre aux provocations. Cependant, déjà des insultes, des échanges de jets d’eau, des coups de pied ont eu lieu entre les deux groupes.

Déjà ce mardi, les forces de l’ordre avait procédé à une vingtaine d’arrestations musclées chez les manifestants, qui sont allés ensuite protester au Quartier général de la police pendant la nuit.

Revendications maintenues fermement

L’ambiance s’est donc très nettement tendue. Les manifestants restent fermes dans leurs revendications : départ du gouvernement, nouvelle Constitution, réforme de l’institution monarchique, pour garantir que l’armée et le roi ne se mêlent plus des affaires politiques de la Thaïlande, que le Parlement soit vraiment indépendant.

Mais pour beaucoup dans le royaume, la monarchie reste sacrée. La tension monte donc et entraîne maintenant des violences entre les pro et les anti-réforme.

La royauté, sujet tabou

La colère s’accumule depuis un an et demi et les législatives de 2019. À l’époque, la jeunesse thaïlandaise vote en masse pour une formation politique : le Parti du nouvel avenir. Ce mouvement promet alors de restreindre les pouvoirs de l’armée et de renforcer les libertés civiles. Il devient le porte-voix des moins de 30 ans, l’espoir d’une génération qui a toujours vécu sous le joug des militaires. Mais les élections sont verrouillées et c’est le chef de la junte, Prayut Chan-o-cha, qui devient Premier ministre.

Aujourd’hui, les étudiants manifestent avec les mêmes slogans : la fin de l’impunité, la dissolution du Parlement et la révision de la Constitution. Cependant, il y a une nouveauté majeure : depuis cet été, ils dénoncent aussi le principe de la monarchie thaïlandaise. Jusqu’ici, c’était un sujet tabou, et la critique de la royauté se faisait à l’abri des regards. Désormais, les manifestants osent réclamer que le roi de Thaïlande renonce à certains de ses privilèges.

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