Alphabétisation: 22 langues endogènes sur 25 déjà codifiées au Sénégal

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Sur 25 langues autochtones, 22 ont déjà fait l’objet de codification dans notre pays, a déclaré, hier, à Dakar, le ministre de l’Education nationale. Mamadou Talla s’exprimait lors du Forum national sur l’alphabétisation et les langues nationales.

Définir une nouvelle orientation au sous-secteur de l’alphabétisation à travers une approche impliquant l’ensemble des acteurs. Tel est l’objectif du Forum national sur l’alphabétisation et les langues nationales tenu, hier, à Dakar. Organisé sous l’égide du ministère de l’Education nationale, à travers la Direction de l’alphabétisation et des langues nationales, dans le cadre des activités qui devaient se tenir à l’occasion de la Semaine nationale de l’alphabétisation, ce conclave a été mis à profit pour faire l’état des lieux dans ce sous-secteur en proie à des difficultés, comme l’ont reconnu nombre d’acteurs.

Mais, pour le ministre de l’Education nationale, les problèmes que traverse le sous-secteur ne doivent pas occulter les efforts consentis par les pouvoirs publics pour endiguer l’analphabétisme au Sénégal. Mamadou Talla, ayant présidé la rencontre, est revenu sur les acquis engrangés par certains programmes initiés par l’Etat tels que le Programme national d’alphabétisation et le Programme d’éducation de base des jeunes et des adultes (Pnebja). Celui-ci a cité, entre autres, l’amélioration des effectifs dans les classes d’alphabétisation (2 157 578 apprenants dont 84,8 % de femmes) et les réalisations notées dans la codification des langues nationales. «Aujourd’hui, sur 25 langues endogènes, 22 ont déjà fait l’objet de codification signée par l’autorité», a-t-il affirmé. Selon lui, grâce à l’engagement du Président de la République, «toutes les actions visant à terme l’élimination de l’analphabétisme sont prises en compte dans les stratégies nationales de développement, notamment dans l’axe 2 du Plan Sénégal émergent (Pse)».

Il a aussi relevé que «le gouvernement du Sénégal a très tôt compris cet enjeux de taille en finançant de grands programmes de développement des langues nationales». M. Talla a également insisté sur la volonté du Chef de l’Etat de soutenir l’introduction des langues nationales à l’école élémentaire. «Aujourd’hui, dans certaines régions du Sénégal, des langues nationales sont introduites dès les premières classes dans le cycle élémentaire, car il est prouvé scientifiquement qu’un jeune apprenant et parlant dans sa langue nationale réussit beaucoup plus vite que celui qui le fait avec une autre langue que la sienne», a soutenu le ministre, qui a saisi l’occasion pour rendre un vibrant hommage aux pionniers du sous-secteur.

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Impulser une nouvelle dynamique

«On ne peut pas continuer à rester dans un éternel recommencement si nous voulons que l’alphabétisation devienne un puissant levier de développement.» Une telle assertion semble faire l’unanimité des acteurs du sous-secteur de l’alphabétisation au Sénégal. Hier, ceux-ci ont profité du Forum national sur l’alphabétisation et les langues nationales pour exprimer la volonté d’imprimer une nouvelle dynamique dans les actions menées dans la lutte contre l’analphabétisme au Sénégal.

Selon le représentant de l’Union des associations des élus locaux (Uael), Abdoukhadre Ndiaye, il s’agit de développer davantage des synergies et de décentraliser aussi les initiatives dans les collectivités territoriales. Si certains ont préconisé d’entreprendre des réformes sans complaisance, d’autres ont proposé d’ériger le Programme d’éducation de base des jeunes et des adultes (Pnebja) en programme national intégré ou encore de créer un fonds d’appui à l’édition des ouvrages en langues nationales.

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Le déficit de financement préoccupe toujours

Comme à chaque rencontre sur l’alphabétisation, la problématique du financement et de la mobilisation des fonds a été encore soulevée, hier. Comme un refrain, cette question a été abordée par tous les intervenants. Il s’agit du déficit de financement qu’accuse le sous-secteur malgré les efforts consentis par l’Etat et les partenaires techniques. Le Sénégal, comme beaucoup de pays de la sous-région ouest africaine, n’arrive toujours pas à atteindre le taux de 3 % fixé par le Sommet de Bamako, en 2007, concernant le budget qui devrait revenir à l’alphabétisation dans celui que les Etats accordent de manière globale à l’éducation. Mais, notre pays peut toujours continuer sur l’accompagnement des partenaires techniques et financiers qui, par la voix du chef du programme Education de l’Unicef au Sénégal, Mathias Lansard, ont réitéré leur engagement à soutenir le sous-secteur. D’ailleurs, ce dernier a invité l’Etat à ériger l’alphabétisation au rang des sur-priorités.

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MAMADOU TALLA SUR LES RESULTATS SCOLAIRES

«Scientifiquement parlant, les résultats des examens scolaires ne pouvaient être que bons»

Interpellé, hier, à Dakar, en marge du Forum national sur l’alphabétisation et les langues nationales, sur les bons résultats obtenus cette année lors des examens scolaires, le ministre de l’Education nationale s’est voulu catégorique. «Il n’y a pas à s’étonner. Scientifiquement parlant, ces résultats ne pouvaient être que bons», a lancé Mamadou Talla. «Il était évident qu’en mettant à la disposition des élèves candidats aux examens, l’ensemble des enseignants, dans le respect des mesures barrières, avec des effectifs réduits à 20 par classe au maximum, il y aurait un rapprochement beaucoup plus suivi avec les élèves dans l’encadrement pédagogique. On était sûr d’avoir de bons résultats et c’est ce qui est arrivé», a justifié celui-ci. Il a saisi l’occasion pour féliciter à nouveau le corps enseignant et l’ensemble des acteurs de la communauté éducative. «Le souhait est de s’inspirer de ces résultats en se projetant dans l’avenir», a conclu M. Talla.

Seydou Prosper SADIO

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