PROGRAMME DECENNAL DE LUTTE CONTRE LES INONDATIONS, SUR LA PERIODE 2012-2022 – Macky annonce 506 milliards F CFA dépensés

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Le président de la République dispose désormais de son rapport sur l’exécution du Programme décennal de lutte contre les inondations sur la période 2012-2022. Des arguments pour débattre enfin avec l’opposant Ousmane Sonko, après que ce dernier a relevé son défi sur les inondations ? Rien n’est moins sûr.

 

En Conseil des ministres tenu le 2 septembre dernier, le président de la République demandait au ministre de l’Eau et de l’Assainissement un rapport détaillé sur l’état de mise en œuvre du Programme décennal de lutte contre les inondations sur la période 2012-2022. Un mois plus tard, les informations fournies par Serigne Mbaye Thiam semblent lui convenir parfaitement.

En effet, devant les membres du gouvernement réunis hier au palais de la République, ‘’’le chef de l’Etat s’est félicité des réalisations significatives du Programme décennal de lutte contre les inondations, exécuté en octobre 2020 à hauteur de 506 714 000 000 F CFA, soit un taux appréciable de 66,07 %’’.

D’un montant global de 766 milliards de F CFA, lancé en 2012, ce plan a suscité beaucoup de controverses, après les inondations qui ont frappé le pays, à la suite des pluies diluviennes du week-end du 5 septembre qui ont causé des dégâts considérables et laissées des milliers de personnes sans logement à Dakar. Les opérations d’urgence du plan Orsec de même que les aides financiers promis par le gouvernement (10 milliards de F CFA débloqués dont trois milliards comme transfert d’argent direct aux sinistrés) n’ont pas suffi à calmer l’ardeur des critiques sur ce programme qui, selon beaucoup d’opposants du président, n’a jamais été normalement exécuté.

Très critique à l’encontre du gouvernement, le député opposant Ousmane Sonko a même soutenu que ‘’sur les 767 milliards, moins de 200 milliards ont été dépensés. Mais ce dont nous sommes sûrs, c’est que seuls 48 milliards ont été dépensés pour des investissements. Cela ne fait même pas 6 %’’.

Aux explications hâtives pour défendre les actions du gouvernement contre les inondations, le ministre de l’Eau et de l’Assainissement rajoute désormais des chiffres ‘’officiels’’ issus de son évaluation. Lors du Conseil présidentiel tenu ce mardi sur la question des inondations, Serigne Mbaye Thiam avait détaillé les montants repris en Conseil des ministres d’hier par le chef de l’Etat : ‘’L’aménagement du territoire a englouti 11 milliards, la restructuration et le logement 26 milliards, et la gestion des eaux de pluie a mobilisé le reste des 506 milliards.

Quatre-vingt-cinq mille mètres linéaires de réseau de drainage ont été réalisés, plus d’une quarantaine de stations de pompage et plus d’une vingtaine de bassins de rétention ont aussi été réalisés. Les investissements au titre de ce volet s’élèvent à 438,6 milliards et font presque le double du budget prévisionnel du programme décennal pour cette composante. Ceci s’explique par les nouveaux projets de Promovilles et d’Ageroute qui ont contribué pour presque 38 % des réalisations dans la gestion des eaux pluviales. Les autres contributeurs importants étant l’Apix, dans le cadre du Ter pour 88,8 milliards, l’Onas pour 77,4 milliards et l’Adem’’.

15 milliards de F CFA pour continuer le PDLI

Satisfait de ce tableau dressé par son ministre de l’Eau et de l’Assainissement, le président de la République a, dès lors, demandé au gouvernement de poursuivre, en mode ‘’Fast-track’’, l’exécution optimale de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre les inondations, sur la période 2020-2022. Mieux, Macky Sall veut une mobilisation des ressources budgétaires nécessaires, soit 15 milliards francs CFA, ‘’pour l’amorçage rapide, dans la zone prioritaire de Keur Massar’’ et ‘’de la deuxième phase du Projet de gestion des eaux pluviales (PROGEP) qu’il a validée’’. Cette dernière concerne ‘’un programme d’investissement prioritaire d’ouvrages de drainage des eaux pluviales dans la ville de Pikine et plus précisément dans la zone de Malika et Keur Massar. Ce secteur concerne les quartiers de Malika, Parcelle-Assainies et du village de Keur Massar’’.

Au-delà des infrastructures de drainage, la libération des voies d’eau constitue une solution que le président Sall voudrait mettre en œuvre. C’est dans cette optique que le chef de l’Etat a invité ‘’les ministres concernés à veiller, en relation avec le gouverneur de la région de Dakar, à la préservation de toute occupation des zones non aedificandi, notamment la libération immédiate des emprises de l’exutoire du marigot de Mbao ‘’.

Par ailleurs, il a été réitéré au ministre de l’Eau et de l’Assainissement les directives présidentielles relatives à l’évaluation et à l’actualisation de la réforme de l’hydraulique rurale, par rapport à l’application effective des engagements pris par le secteur privé dans le cadre des délégations de service public de l’eau potable. Dans beaucoup de localités à l’intérieur du pays, des problèmes de distribution d’eau courante sont régulièrement soulevés.

Parlant de climat, le chef de l’Etat, qui sera en visite d’amitié et de travail les 15 et 16 octobre au Nigeria, a participé ce 14 octobre, à une visioconférence organisée par le Fonds vert climat sur le financement de l’énergie propre. Un fonds qui apporte un concours de 75,45 millions d’euros (environ 50 milliards de F CFA) au Sénégal pour l’électrification solaire rurale de 1 000 villages.

50 milliards pour l’électrification solaire de 1 000 villages

Malgré les nombreux programmes de financement des jeunes, Macky Sall n’en est toujours pas satisfait. Pour le montrer, il a signalé au gouvernement ‘’l’urgence de bâtir des stratégies innovantes d’encadrement, de financement et de promotion de l’auto-entreprenariat, l’autonomisation des femmes, afin de préserver durablement les activités économiques et la stabilité sociale globale’’. Le contexte marqué par le ralentissement accru de l’économie par les conséquences de la pandémie de Covid-19, n’y est certainement pas étranger. Qu’importe ! Dans son plan de relance de l’économie nationale, le président de la République, qui souhaite une transformation de l’économie informelle, ‘’afin d’asseoir l’émergence’’, donne l’exemple de la Délégation générale à l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes (Der/FJ) ‘’dont les interventions depuis sa création se situent à 57,78 milliards de F CFA de financements accordés à plus de 105 000 bénéficiaires et 95 000 bénéficiaires indirects’’.

La tendance baissière de l’évolution de la Covid-19 au Sénégal n’empêche pas le président Sall d’inciter son gouvernement à la vigilance. Bien que les cas contacts et les cas communautaires diminuent, une hausse des cas importés est notée depuis quelques jours. De ce fait, le chef de l’Etat a demandé aux ministres de la Santé, de l’Intérieur, des Forces armées et des Transports aériens, de veiller, particulièrement au niveau de nos frontières, à la maîtrise des cas importés. Si l’éventualité d’une nouvelle vague se précise dans les pays européens, aucune précaution ne sera de trop pour en protéger le Sénégal.

Alors que la Journée internationale de l’alimentation est célébrée demain sur le thème ‘’Cultiver, nourrir, préserver. Ensemble, agir pour l’avenir’’, le chef de l’Etat a engagé les ministres concernés à consolider, avec l’ensemble des acteurs, l’ancrage systématique de la doctrine du ‘’Produire et du consommer local’’.

Le Sénégal réélu au Conseil des Droits de l’homme

C’est le président de la République qui a donné la nouvelle. Sur les réseaux sociaux, Macky Sall annonçait en premier ‘’la réélection du Sénégal au Conseil des Droits de l’homme pour un nouveau mandat de 3 ans’’, se réjouissant du fait que notre pays se soit engagé dans le sens des ‘’missions de promotion, de protection des Droits de l’homme’’ plus que jamais nécessaires, auxquelles le conseil s’attèle.

Une ‘’preuve’’ de bonne tenue de la démocratie sénégalaise dont le chef de l’Etat s’est encore réjouie, à l’introduction de sa communication au Conseil des ministres, affirmant que ‘’cette reconnaissance des Nations Unies confirme le rayonnement international du Sénégal en matière de démocratie, de libertés publiques, de justice, de protection et de respect des Droits de l’homme.

Devant son gouvernement, Macky Sall a rappelé le brillant score de ‘’188 voix sur 190, soit 99 % des votes valablement exprimés, score le plus élevé’’.


Le gouvernement approuve la politique française de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales

Au titre des textes législatifs et réglementaires, le Conseil des ministres a examiné et adopté, hier, le projet de loi autorisant le président de la République à ratifier la convention multilatérale pour la mise en œuvre des mesures relatives aux conventions fiscales pour prévenir l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices, signée à Paris le 7 juin 2017. Cette loi n°2018-604 du 12 juillet 2018 a été adoptée le 24 novembre 2016. Elle a été signée par la France et 67 autres États et territoires.

Elle a pour objet d’appliquer les conclusions du projet lancé par le G20 au sommet de Los Cabos en 2012 et mené par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) pour lutter contre l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (Base Erosion and Profit Shifting – BEPS) adoptées en 2015, pour ce qui concerne les conventions fiscales bilatérales en vigueur.

La convention contient différentes mesures obligatoires considérées comme des standards minimums à respecter, ayant notamment pour objet d’insérer une clause anti-abus de portée générale et de moderniser la procédure de règlement des différends.

Le gouvernement français souhaite une application la plus large possible des mesures de la convention, dans la mesure où elles renforcent les dispositifs actuels liant la France en matière de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales.

Lamine Diouf

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