DP WORLD, la DGID et le PAD attraits à la barre du TGI par une association

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Le Tribunal de grande instance de Mbour (TGI) a jugé et mis en délibéré pour le 19 novembre 2020, hier jeudi, l’affaire opposant l’Association pour la protection et la sauvegarde écologique du site de Ndoungouman et alentours au directeur du Port autonome de Dakar (PAD), le Directeur général des impôts et domaines (DGID), Dubaï Port World (DP World). Ces sociétés ont été attraites en justice dans le cadre du projet du futur Port minéralier de Ndayanne qui devrait être construit sur un espace allant de Toubab – Dialaw à Ndayanne.
L e début des plaidoiries est marqué par des sorties épiques des conseils des deux parties. L’un des derniers des mohicans des avocats exerçant encore, Maître Doudou Ndoye, a séduit encore dans sa stratégie de défense et de présentation des faits. Selon lui, le juge est le seul compétent pour dire le droit pour des affaires concernant les mbourois. Par conséquent, il attend de voir le juge se prononcer pour définir la conduite à suivre. Ses autres confrères à la solde de l’association ont demandé à vivre dans un environnement sain, en plus de la commission d’un expert pour voir et savoir la conformité de la législation et l’impact du port sur les villages de Ndayanne, Poponguine et Toubab-Dialaw. La défense, par le canal de ses conseils, a évoqué la non habilitation des membres de l’association à se constituer pour ester en justice les sociétés cités plus haut, du fait de leur caractère de non-résidents sur les dits-lieux.

DROITS DE L’HOMME ET DROIT DE CHAQUE PERSONNE DE SE DEFENDRE

Selon Maître Doudou Ndoye, l’important met en exergue l’évolution du monde actuel montrant le droit des personnes rattrapant le droit des Etats. Cela se traduit au niveau du citoyen prenant de plus en plus des initiatives pour la revendication de ses droits. En effet, il met l’homme au cœur de tous les projets et procès. Ainsi, les personnes affectées ou impactées par le port de Ndayanne ont droit à une protection. Pour cela, il soutient le bienfondé de la défense des citoyens soucieux de vivre dans un environnement sain, pour ne pas voir la détérioration de leurs conditions d’existence. A l’en croire, les droits de l’homme sont évoqués et ceci appelle au droit de chaque personne de se défendre. Il en a appelé au juge, le protecteur de chaque citoyen et plus précisément le juge de Mbour, qui est le plus indiqué pour trancher les affaires, à répondre à l’interpellation de la presse sur la compétence du juge à vider la question, une des positions des conseils des mis en cause. Maître Doudou Ndoye a aussi abordé la loi sur le domaine national toujours mal connue au Sénégal. A l’en croire, les gens font de leurs champs, leurs lieux de travail et de résidence. Cette remarque est consécutive aux attaques de conseils de la partie adverse dénonçant le type d’occupation du dit espace devant abriter le port de Ndayanne. Il se réjouit de la positon de ses clients exigeant une étude d’impact environnemental, payée à leurs frais, et se demande comment cela peut gêner.

400 HECTARES, 600 HECTARES OU 2000 HECTARES : INCOHERENCE SUR LA SUPERFICIE REELLE DU PORT DE NDAYANNE

Pour Massogui Thiandoum, parlant au nom de l’Association pour la protection et la sauvegarde écologique du site de Ndoungouman et alentours, les menaces liées à la construction du nouveau Port de Ndayanne sur les localités de Ndayanne, Poponguine et Toubab-Dialaw ainsi que dans leur environnement immédiat sont réelles. Si, d’une part, il a mis en relief la spoliation des terres des pêcheurs, des agriculteurs et des pasteurs, de l’autre, il s’est interrogé sur l’avenir de ces gens coupés de leur environnement naturel, de l’exercice de leurs métiers. Il se désole de l’évolution des surfaces du Port de Ndayanne, selon des interlocuteurs. Certains ont parlé dans un premier temps de 400 hectares, puis de 600 hectares, avant d’en venir à 2000 hectares. Il dénonce la course au trésor faisant profiter à beaucoup de personnes cette affaire, pour trouver des terres. Il remet en cause la coalition des Etats avec des multinationales pour leur faire céder des terres d’exploitation familiale agricole, des terres de parcours et des lieux de pêche. Fort de ces constats et au nom de ses mandants, il a évoqué la nécessité de mettre en avant, leur avenir en jeu, avec la démarche les privant de leurs terres.

DE LA COMPETENCE DU TGI DE MBOUR DE CONNAITRE DE L’AFFAIRE

Maître Moussa Konaté le conseil de DP World a remis en cause la compétence du Tribunal de grande instance de Mbour de traiter l’affaire. Selon lui, on est devant un problème administratif devant être traitée par le juge des référés. En plus, dans sa stratégie de défense, démontant les arguments de la partie civile, il a évoqué le caractère de non-résidents à Ndayanne des plaignants. Il a aussi expliqué que ce n’est pas l’Etat du Sénégal qui construit un port, mais plutôt DP World. Par extraordinaire, il a insisté pour dire que le port, par rapport aux 600 hectares impactant la vie humaine et animale, la faune et la flore, à la suite d’actes commis par l’administration, confère la nécessité de traduire les faits devant la Cour suprême. Il s’est demandé comment DP World a-t-il été attrait devant le TGI de Mbour alors qu’il n’est ni propriétaire ni attributaire dans cette affaire. Il a terminé par relever le caractère virtuel des dommages soulevés par les plaignants.

 AFFAIRE MISE EN DELIBERE, LE 19 NOVEMBRE 2020

Pour Maître Amadou Yakhya Fall, tout le monde a le droit d’être devant le juge des référés. Ceci doit se faire, selon lui, dans la manière, la qualité des requérants ou plaignants et sur la base d’un intérêt. Ses propos de la défense ont clos les plaidoiries. Le juge a mis en délibéré l’affaire pour le 19 novembre 2020.

MBOUR – TURBULENCES DANS LA JUSTICE Me Doudou Ndoye, en Sapeur-pompier, promet un dénouement heureux

Maître Doudou Ndoye, à la sortie de la salle d’audience du Tribunal de grande instance (TGI) de Mbour, est revenu sur les turbulences secouant le monde de la justice au Sénégal. A l’en croire, des efforts sont faits et cela va avoir un dénouement heureux. Dans la démarche vers la paix et vers un climat apaisé, il s’érige en Sapeur-pompier.
A l’en croire, il a participé à des rencontres pour diligenter le règlement des questions évoquées. Sur le cas des greffiers, il a mis en avant une mission confiée par le bâtonnier de l’Ordre des avocats et le Garde des Sceaux depuis deux mois et cela se poursuit, selon lui. Par conséquent, ils ont obtenu l’arrêt de la grève des greffiers.
En plus, sur l’autre affaire pendante, il a rappelé son désir de participer à la construction de la paix totale car le peuple a besoin de sa justice. Maître Doudou Ndoye a insisté sur un aspect important, il est l’un des plus vieux avocats exerçant au Sénégal.
Par conséquent, il a mis en avant son statut de «patriarche» ayant guidé les pas de bon nombre de magistrats en les formant ou en les encadrant. Donc, relève-t-il, il se doit de jouer au Sapeur-pompier dans le but de pacifier le cadre pour une sérénité dans le travail et la paix, sans attendre aucun kopeck de l’Etat ou de qui que ce soit.

PAR SAMBA NIÉBÉ BA

SUDONLINE

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