Gestion du patrimoine minier de l’Etat: L’Assemblée nationale autorise la création de la Somisen-Sa

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L’Assemblée nationale a adopté, hier, le projet de loi portant création de la Société des mines du Sénégal (Somisen Sa). Selon le ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima, la nouvelle société dont le capital sera entièrement souscrit par l’État ou d’autres personnes morales de droit public, aura en charge la gestion du patrimoine minier pour le compte du Sénégal.

Désormais la Société des mines du Sénégal (Somisen Sa) sera chargée de la gestion du patrimoine minier de l’État. L’Assemblée nationale a adopté, hier, le projet de loi n° 39/2020 portant sa création. Le ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima, a précisé que le contexte justifie aisément l’opportunité et la pertinence de créer cette société anonyme en vue de renforcer substantiellement la position stratégique de l’État et sa présence dans la gestion des sociétés minières. D’après Mme Gladima qui a défendu le projet de loi face aux députés, la Somisen Sa dont le capital sera entièrement souscrit par l’État ou d’autres personnes morales de droit public aura en charge la gestion du patrimoine minier pour le compte du Sénégal. À cet égard, elle disposera de tous les moyens humains, matériels et juridiques nécessaires pour atteindre les objectifs visés.

En plénière, les députés ont interpellé le ministre sur l’avenir de la Société des mines de fer du Sénégal Oriental (Miferso) avec la création de la Somisen Sa. Moustapha Guirassy a demandé de définir clairement les liens entre la Miferso, la Société de développement des mines (Sodemin) et la nouvelle entité. En réponse, le ministre des Mines et de la Géologie a martelé qu’il ne faut pas confondre les missions des trois structures, car Sodemin est une société privée et la Miferso gère le fer « que nous avons en abondance et de bonne qualité au Sénégal ». « Ces trois sociétés n’ont rien à voir. Sodemin est une société privée. Le rôle de la Somisen Sa, c’est de permettre à l’État d’avoir des revenus dans le secteur. Il n’y a pas que l’or dans le secteur des mines. On a d’autres indices de minéraux et il faut poursuivre les recherches. Nous avons du lithium qui est très bien utilisé dans le domaine de l’électronique. Il faut cette société pour bénéficier de ces exploitations », a informé Aïssatou Sophie Gladima.

Répondant au député Abdou Aziz Diop qui craint que cette nouvelle société « dépouille le ministère » ; ce qui peut créer, à son avis, des conflits entre de forts directeurs généraux et des ministres faibles, Mme Gladima a assuré que les responsabilités seront clairement définies dans le cadre des décrets d’application. Elle a été appuyée par les députés de la majorité comme Abdoulaye Baldé, maire de Ziguinchor, qui est d’avis que la Somisen Sa permettra de mieux gérer les 10 % alloués à l’État dans les sociétés minières.

En outre, en commission comme en plénière, les députés ont soulevé la question des dividendes du secteur. Ils ont, en effet, émis des réserves quant au partage des richesses issues du secteur minier. D’une part à cause du difficile retour sur investissement pour les acteurs et, d’autre part, sur le faible avantage pour les populations qui subissent les désagréments de ces exploitations. Mady Danfakha, député de Kédougou, zone d’exploitation minière, a ainsi plaidé pour que les retombées profitent aux populations des localités concernées mais aussi pour l’émergence d’acteurs locaux. Sur ce, le ministre a expliqué que seules deux sociétés minières exploitent de l’or au Sénégal (Sabadola et Mako). Pour tout le secteur minier, il n’y a que six à sept sociétés minières dans l’exploitation actuellement. Les autres sont en phase d’exploration, a fait savoir Mme Gladima.  Elle a soutenu que même s’il y a une préférence locale, le constat est que les privés sénégalais ne sont pas de grands orpailleurs et revendent souvent leurs licences aux étrangers qui exploitent. Pour la question de l’emploi, au niveau local aussi, il y a des commissions de recrutement dirigées par les préfets.

Les mines, plus grands contributeurs au budget national pour le secteur extractif

En 2019, 379 actes miniers ont été délivrés contre 198 en 2014, soit une hausse d’environ 48 %, selon le ministre des Mine et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima. Au cours de la période 2014-2018, le secteur minier a été aussi le premier contributeur aux revenus du secteur extractif rentrant dans le budget de l’État avec un total de 104,3 milliards de FCfa, soit 94,7 % des recettes, a expliqué le ministre. Cependant, la contribution du secteur au budget de l’Etat reste globalement faible même si elle a évolué positivement de 17,9 milliards en 2018, soit de 5,5 %. Selon le ministre, ce secteur contribue significativement à la balance des paiements avec 5,6 % de plus sur les exportations.

Oumar KANDÉ – LESOLEIL

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