Washington réduit sa présence militaire en Afghanistan et en Irak

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Près de 20 ans après les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis vont réduire le nombre de leurs soldats en Irak et en Afghanistan à la mi-janvier 2021, une “bonne avancée” saluée par les talibans.

Le président américain sortant Donald Trump, qui cédera le pouvoir au président élu Joe Biden le 20 janvier 2021, concrétise ainsi sa promesse de mettre un terme aux “guerres sans fin”, malgré les craintes de ses alliés de voir les groupes extrémistes se renforcer.

Environ 2.000 militaires se seront retirés d’Afghanistan le 15 janvier, et 500 autres auront quitté l’Irak pour ne laisser que 2.500 soldats dans chaque pays, a annoncé mardi le nouveau ministre américain de la Défense par intérim, Christopher Miller.

“C’est une bonne avancée et c’est dans l’intérêt des peuples” afghan et américain, a réagi mercredi Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans.

Le porte-parole du Conseil afghan de sécurité nationale, Rahmatullah Andar, a minimisé l’impact du retrait: “Les forces afghanes de sécurité et de défense conduisent déjà 96% des opérations de façon indépendante et sont prêtes à continuer à défendre le pays contre nos ennemis”.

– Alliés inquiets –

Le prédécesseur de M. Miller, Mark Esper, limogé la semaine dernière, plaidait pour le statu quo, comme d’autres responsables militaires opposés à un retrait tant que la violence ne diminue pas.

Près de 7.000 militaires américains sont morts et plus de 52.000 ont été blessés depuis le lancement des offensives militaires en Afghanistan en 2001 puis en Irak deux ans plus tard, selon le Pentagone.

Mais l’annonce suscite la crainte, aux Etats-Unis et dans le monde, d’une résurgence des groupes extrémistes, près de 20 ans après les attentats du 11 septembre 2001 fomentés par le groupe jihadiste Al-Qaïda, basé à l’époque en Afghanistan dirigé par les talibans.

Et si le “califat” autoproclamé du groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie s’est finalement effondré en mars 2019, les jihadistes continuent de semer la terreur.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat américain, Mitch McConnell, pourtant un allié de M. Trump, avait estimé lundi que les Etats-Unis “abandonneraient” leurs alliés en cas de retrait prématuré, qui “ravirait les personnes qui nous souhaitent du mal”.

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a averti que l’Afghanistan pourrait “redevenir une base pour les terroristes internationaux” en cas de retrait des quelque 12.000 soldats de l’Alliance, dont moins de la moitié sont américains.

– Les violences continuent –

La France a estimé que ce serait une mauvaise idée, et le gouvernement allemand s’est dit mercredi “particulièrement préoccupé” par l’impact que pourrait avoir ce retrait sur “l’avancement des pourparlers de paix” en Afghanistan.

M. Miller a précisé avoir parlé à M. Stoltenberg et au président afghan Ashraf Ghani. “Nous continuons à nous tenir à ses côtés alors que son gouvernement travaille à un règlement négocié pour la paix” avec les talibans.

Les pourparlers de paix en cours entre les talibans et le gouvernement afghan, faisant suite à un accord entre Washington et les insurgés qui entérine le retrait des forces américaines, semblent aujourd’hui dans l’impasse.

“Al-Qaïda est en Afghanistan depuis des décennies et nous serions idiots de dire qu’ils vont s’en aller demain”, a expliqué un haut responsable du Pentagone peu avant l’annonce de M. Miller. “La solution est de négocier un partage du pouvoir ou une espèce d’accord selon lequel les talibans et le peuple afghan peuvent vivre côte à côte en paix”.

Sans donner de détails, le porte-parole de M. Ghani, Sediq Sediqqi, a annoncé sur Twitter que le président afghan s’était entretenu avec M. Miller mardi soir, au sujet “du processus de paix” et “d’un soutien militaire significatif et continu” des Etats-Unis à l’Afghanistan.

Les violences n’ont fait cependant qu’augmenter ces derniers mois à travers le pays.

Une attaque le 2 novembre contre l’université de Kaboul a fait au moins 22 morts, des étudiants pour la plupart. Elle a été revendiquée par l’EI mais le gouvernement a accusé les talibans d’en être les instigateurs.

Et en Irak, sept roquettes ont visé l’ambassade américaine à Bagdad au moment où intervenait Christopher Miller, rompant plus d’un mois de trêve décrétée par les factions irakiennes pro-Iran.

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