Mort de Vince Reffet : « L’homme volant » n’était « pas une tête brûlée », assure le monde des sports extrêmes

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Le décès, mardi lors d’un entraînement à Dubaï, d’un membre du spectaculaire duo des Soul Flyers, touche de nombreux athlètes d’autres disciplines extrêmes

 
Les Soul Flyers Vince Reffet et Fred Fugen, ici lors d'un vol en wingsuit à Dubaï en 2017.  Max HAIM
Les Soul Flyers Vince Reffet et Fred Fugen, ici lors d’un vol en wingsuit à Dubaï en 2017. Max HAIM — AFP
  • Lors d’un entraînement en Jetman (équipé de mini-réacteurs), Vincent Reffet est mort à l’âge de 36 ans, mardi à Dubaï.
  • Champion du monde de parachutisme freefly à six reprises dans les années 2000, le natif d’Annecy a reçu de nombreux hommages venant d’athlètes du monde des sports extrêmes.
  • « Vince n’était pas un cascadeur ou une tête brûlée », confie Dino Raffault, qui a réalisé et produit plusieurs films des Soul Flyers, véritables virtuoses de la wingsuit.

Le monde des sports extrêmes pleure son « homme volant ». Décédé à 36 ans, mardi à Dubaï, lors d’un entraînement en Jetman (une aile motorisée), Vince Reffet a depuis reçu de nombreux hommages. Outre « la boule d’énergie et de sourire » unanimement reconnue par les sportifs contactés par 20 Minutes, l’acolyte de Fred Fugen dans le spectaculaire duo des airs Soul Flyers est vu comme un champion « monstrueusement professionnel », selon Enak « Rancho » Gavaggio.

« C’était notre Iron Man, notre Superman, et il était surtout un couple inséparable avec Fred », complète ce skieur acrobatique et amateur de base jump, qui a côtoyé le regretté wingsuiteur. Auteur de son premier saut en tandem avec son père, à l’âge de 14 ans, Vince Reffet a rencontré Fred Fugen l’année suivante.

« Ils sont parvenus à démocratiser leur discipline »

Ensemble, les deux parachutistes vont remporter six titres mondiaux de freefly de 2004 à 2009. Ce n’est que le premier chapitre de 20 ans de vie commune dans les airs pour les deux Soul Flyers haut-savoyards. Suivent des exploits à couper le souffle en wingsuit et plus récemment en Jetman, avec quasiment à chaque fois des millions de vues à la clé sur le Web.

« En volant par exemple à côté d’un A380, ils ont poussé très loin la créativité de leur discipline et ils sont parvenus à la démocratiser, indique Richard Permin, référence de ski freestyle ayant rencontré Vince Reffet en étant comme lui un athlète Red Bull. Dans le sport extrême, on se demandait systématiquement ce qu’ils allaient être capables de nous sortir dans leur expérience suivante. Ils ont toujours été très inspirants. »

« Une scène digne de James Bond » à 300.000.000 vues

Plus encore qu’un saut de nuit depuis la plus haute tour du monde à Dubaï (828 m), qu’un autre à 10.000 m d’altitude au-dessus du Mont-Blanc ou en septembre autour d’un phare charentais à 280 km/h, Vince Reffet et Fred Fugen signent leur probable masterpiece de wingsuit en Suisse en 2017. Pour A Door in the sky, ils s’élancent d’une falaise pour se glisser… à l’intérieur d’un avion en plein vol, dans « une scène digne de James Bond ». Producteur et réalisateur de ce projet, comme pour la majorité des films des deux natifs d’Annecy durant dix ans, Dino Raffault révèle l’envers du décor à 20 Minutes.

C’est devenu une sorte d’apogée qui a collecté près de 300 millions de vues sur Facebook. Pour arriver à ce résultat, il leur a fallu quatre mois d’entraînement intensif et une bonne centaine de sauts à côté d’un avion. Et ce afin de maîtriser leur vitesse et de trouver les bonnes trajectoires pour plonger à l’intérieur. Vince et Fred ne sont pas des cascadeurs ou des têtes brûlées. Ils ont toujours maîtrisé leur sujet, mais dans un sport hyper engagé. »

« J’avais l’impression qu’ils étaient toujours en contrôle »

Dino Raffault fait d’ailleurs remarquer que son décès mardi a eu lieu « avec les moteurs à réaction du Jetman, soit dans un laboratoire bien au-delà de la wingsuit ». Cela est-il un destin aussi tragique qu’inéluctable au vu de la passion à hauts risques de Vince Reffet ? « Il n’y a pas plus ultime que les Soul Flyers au niveau du dévouement dans un sport extrême, confie Richard Permin. Mais je n’avais pas peur pour eux car j’avais l’impression qu’ils étaient toujours en contrôle. Ils arrivaient à un tel niveau de précision que la notion de risques évoluait également avec eux. Ils n’ont jamais été des kamikazes. »

Vince Reffet laissera aussi cette image incroyable d’un décollage du sol, en février à Dubaï, pour s’envoler à 1.800 m d’altitude avec un Jetman capable de pointes à 400 km/h. « En parachute, ou doté d’ailes volantes propulsées, Vince n’a eu de cesse de questionner sa propre capacité à dépasser les limites des évolutions aériennes humaines, indique Red Bull dans un communiqué. Son terrain d’expression, proche du firmament, était sans limite. » Tout comme la peine partagée depuis mardi par Fred Fugen et tant d’autres accros aux coups d’éclat de « l’homme volant ».

 

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