CESS – Idrissa Seck assume son choix de président

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Le président du parti Rewmi, Idrissa Seck, a été installé hier, jeudi 19 novembre, dans ses fonctions de président du Conseil économique, social et environnemental (Cese) lors d’une cérémonie en présence de plusieurs personnalités. Dans son premier discours en marge de cette cérémonie, le nouveau président a décliné sa feuille de route avant de revenir sur la polémique suscitée par son entrée dans le nouveau gouvernement.
C’est désormais effectif. Idrissa Seck, président du parti Rewmi, a pris possession de son fauteuil de président du Conseil économique, social et environnemental (Cese). Nommé par décret présidentiel le 1er novembre dernier en remplacement de Mme Aminata Touré, l’ancien candidat de la coalition Idy2019 arrivé deuxième à l’issue de la présidentielle de février 2019 a été officiellement installé dans ses fonctions hier, jeudi 19 novembre, au cours d’une cérémonie tenue au sein de l’auditorium du Cese dénommé Mamba Guirassy. Cette cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités dont des conseillers, des membres de l’administration du Cese, des représentants de l’Assemblée nationale et du Haut conseil des collectivités territoriales.

Le gouvernement était représenté par le ministre du Travail, du Dialogue Social, des Organisations Professionnelles et des Relations avec les Institutions, Samba Sy, qui était accompagné des deux nouveaux ministres du parti Rewmi, en l’occurrence Yankhoba Diattara, ministre de l’économie numérique et des télécommunications et Aly Saleh Diop, ministre de l’Elevage et des productions animales. A côté de ces personnalités, on a également noté la présence de certains membres de la coalition Idy 2019 à l’image de Malick Gakou. D’ailleurs, le président du Grand parti semble être le seul leader de cette coalition Idy 2019 à avoir fait le déplacement lors de cette cérémonie.

Du côté des présidents honoraires du Cese, seule Aminata Tall a également fait le déplacement lors de cette cérémonie d’installation qui a démarré par une lecture du décret de nomination d’Idrissa Seck faite par Mme la Secrétaire générale du Cese, suivie de la remise en enseignes du Cese (écharpe et pins) au nouveau président par le premier vice-président de cette quatrième institution de la République, Baydi Agne, par ailleurs président du Conseil national du patronat du Sénégal (Cnp). Dans son premier discours, Idrissa Seck a commencé par remercier le président de la République, Macky Sall pour la confiance portée sur lui pour présider aux destinées de cette importante institution.

Le nouveau président du Cese formulant également les mêmes remerciements à l’endroit des membres de l’administration du Cese ainsi que les Conseillers, a par ailleurs tenu à rassurer tous ses prédécesseurs en indiquant « que c’est sur les fondations de leur legs que j’entends continuer à mener avec l’ensemble des conseillers et membres du personnel de Cese ma mission ». Sous ce rapport, il a décliné sa feuille de route notamment les thèmes sur lesquels il aurait reçu des instructions du président de la République. Il s’agit entre autres, de la question de l’emploi des jeunes, de l’émigration clandestine, des inondations récurrentes, des changements climatiques et leur impact sur l’environnement naturel et social.

IDY SUR LA POLÉMIQUE SUSCITÉE PAR SON ENTRÉE DANS LE NOUVEAU GOUVERNEMENT : «La compétition électorale de 2019 est derrière nous»

A peine installé dans ses nouvelles fonctions de président du Conseil économique environnemental (Cese), Idrissa Seck, président du parti Rewmi a saisi l’opportunité que lui offrait son premier discours devant les membres de cette institution et des personnalités venues assister à cette cérémonie pour se prononcer sur la polémique suscitée par son entrée dans le nouveau gouvernement et la mission de vérification de la gestion de son prédécesseur. Sur la question de son choix de rejoindre le camp de pouvoir, Idrissa Seck affirmant d’emblée être « attentif à toutes opinions exprimées de manière bienveillante ou pas », convoque la citation de l’écrivant Aimé Césaire qui disait « face à certaines circonstances historiques, il faut dépasser l’attitude vaine du spectateur stérile » pour répondre aux compatriotes qui s’interrogent légitimement sur le fondement de sa décision. Poursuivant son propos, le leader du parti Rewmi a précisé qu’il «il faut dépasser l’attitude de la résignation et de l’exigence sans cause  », avant d’affirmer que « lorsque la nation a besoin de ses fils, ces derniers à l’image du soldat et du policier prêts à risquer leur vie, doivent répondre à cet appel, peu importe le coût pour notre propre image ou même notre vie ». S’adressant en dernier à ses détracteurs, le nouveau président du Cese rappellera tout simplement que «la compétition électorale de 2019 est derrière nous » et le « contentieux qui en était issu a été éteint par l’ouverture du dialogue national et les résultats remarquables qu’il a produits ». « Ceux qui attendent encore à la gare 2019 doivent réaliser que le train est déjà au loin, en route pour 2035 au-delà  », a-t-il lancé sous les applaudissements de la salle.

« JE N’AI PAS LE TEMPS DE FOUILLER LA GESTION DE QUI QUE CE SOIT ».

Le nouveau président du Cese a également formellement démenti les informations relayées depuis quelques jours dans la presse concernant une mission d’audit de la gestion de son prédécesseur qu’il aurait commanditée. Dans son discours en marge de la cérémonie de son installation, Idrissa Seck a rappelé qu’« il n’y a pas eu de passation de service » entre lui et la présidente sortant avant de faire remarquer qu’« aucun document signé et paraphé par mon prédécesseur attestant ce que j’ai trouvé au Cese à mon arrivée, notamment dans les comptes, les meubles du Cese, ne m’a été remis ». Dans la foulée, il a tenu à préciser tout de même qu’il n’a jamais eu l’intention de fouiller la gestion de Mme Aminata Touré. «Je n’ai même pas ce temps. Mais dans la logique des choses, et dans le souci de bien accomplir la mission qui m’a été assignée par le chef de l’Etat, il était impératif de faire un état des lieux sur la situation de l’institution avant ma prise de fonction. Voilà ce qui explique la mission de vérification », a-til précisé.

REVIREMENT DE SON ENGAGEMENT À NE PLUS ACCEPTER UNE NOMINATION PAR DÉCRET : Idy convoque la religion pour se justifier

Toujours dans sa séance de justification de sa surprenante décision de rallier le camp du pouvoir en marge de la cérémonie de son installation hier, à la présidence du Conseil économique social et environnemental, Idrissa Seck est également revenu sur ses déclarations de ne plus accepter une nomination par décret. Et pour se disculper, le président du parti Rewmi bien que précisant qu’il était nuancé en disant « que ma volonté, c’est de ne plus être nommé par décret » convoque la religion. « S’agissant de mon intention antérieurement exprimé de ne plus accepter une nomination par décret, j’ai appris d’un grand soufi que la nécessité crée l’exception même en religion. L’homme peut se prétendre maître de ses intentions et de ses actes mais son destin relève de ce que les croyants appellent volonté divine et que les non croyants pourraient nommer contexte, circonstance ou situation. Notre pays à l’image du reste du monde a subi un choc terrible du fait de cette pandémie de la Covid-19 et son cortège de conséquences économiques et sociales jusque-là inconnues »

PAR NANDO CABRAL GOMIS

SUDONLINE

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