Le Covid-19 au cœur d’un G20 virtuel organisé pour la première fois par l’Arabie saoudite

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L’Arabie saoudite accueille ce week-end en sommet virtuel les 20 pays les plus industrialisés au monde. Au menu de cette réunion les retombées négatives de la pandémie, mais aussi l’aide que les pays les plus riches peuvent, ou non, accorder aux pays les plus pauvres frappés par la crise économique et le surendettement.

Le Fonds monétaire international a d’ailleurs exhorté les pays du G20  « à supprimer » les restrictions commerciales mises en place « ces dernières années » pour soutenir la reprise et éviter que la récession mondiale ne se transforme en dépression, selon les termes du chef de l’ONU, Antonio Guterres.

Il manque aussi à l’Organisation mondiale de la santé 4,5 milliards de dollars pour notamment distribuer des vaccins contre le coronavirus. Là encore, les pays du G20 sont attendus pour combler ce manque.

Jusqu’à présent le G20 n’a pas été du tout à la hauteur des attentes que l’on pouvait avoir envers lui.

Sébastien Jean, directeur du CEPII, le Centre d’études prospectives et d’informations internationales

L’allégement voire l’annulation de la dette des pays pauvres est également au menu de ce sommet. Soixante-treize pays seraient éligibles à une restructuration de la dette, dont 38 pays africains et l’on espère des annonces sur ce dossier. Pour la première fois depuis le début de la pandémie de Covid-19, la Chine a accepté en partie de rejoindre le reste des bailleurs et de ne plus faire cavalier seul.

L’Empire du milieu donne des prêts de manière opaque, selon les bailleurs occidentaux. Détenant entre 20 et 40% de la dette des pays du Sud, notamment africains, les Chinois ne s’étaient pas associés au moratoire de 6 mois décidé en avril dernier, puis prolongé jusqu’en avril 2021.

Un enjeu capital pour l’Arabie saoudite

Mais ce G20 a également des enjeux particulièrement importants pour l’Arabie saoudite. Le royaume wahhabite, qui préside ce G20 et organise ce sommet, est le seul pays arabe membre du G20 et c’est la première fois qu’il en accueille la réunion annuelle. C’est donc un enjeu politique et d’image pour un pays régulièrement critiqué pour ses violations des droits humains.

L’Arabie Saoudite déploie d’intenses efforts pour promouvoir ses ambitieuses réformes économiques. Sous le règne du roi Salman et sous l’impulsion de son fils le prince héritier Mohammed ben Salman, le royaume façonne la nouvelle image d’un pays où les femmes ont désormais le droit de conduire et où l’on peut désormais se rendre au cinéma ce qui était proscrit jusqu’en 2018.

L’affaire Khashoggi et la guerre au Yémen

Mais ces changements réels ne parviennent pas à faire oublier le conflit au Yémen et le désastre humanitaire provoqué par l’entrée en guerre en 2015 dans ce pays d’une coalition commandée par l’Arabie saoudite. Le royaume est aussi régulièrement critiqué pour sa répression des opposants notamment des militantes féministes, emprisonnées depuis plusieurs années.

C’est un devoir maintenant moral pour la communauté internationale, pour les alliés de l’Arabie saoudite, d’être direct avec l’Arabie saoudite, de leur dire que les échanges et les relations ne peuvent plus être normaux alors que le pays ne respecte même pas les droits les plus fondamentaux, et donc exiger la libération de celles et ceux qui ont milité pour les droits les plus fondamentaux dans le pays.

RFI

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