Exploitation pétrolière et gazière au Sénégal: Les impacts socioéconomiques de la Covid-19 passés à la loupe

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La deuxième édition de la Table ronde sur la gouvernance des ressources minérales, sous l’initiative de l’Observatoire de suivi des indicateurs de développement économique en Afrique (Osidea), s’est tenue hier. Les participants ont réfléchi, durant une journée, sur les « Impacts socioéconomiques de la crise de la Covid-19 sur l’exploitation du pétrole et du gaz au Sénégal ».

Cheikh Oumar Sy, président de l’Observatoire de suivi des indicateurs de développement économique en Afrique (Osidea), affirme que l’impact de la crise sanitaire liée à la Covid-19 est tel qu’il a profondément bouleversé les perspectives d’exploitation pétrogazières au Sénégal. « C’est ce constat amer », selon l’ancien parlementaire, qui les a inspirés à se réunir, lors de la deuxième édition de la Table ronde sur la gouvernance des ressources minérales, pour se pencher sur les « Impacts socioéconomiques de la crise de la Covid-19 sur l’exploitation du pétrole et du gaz au Sénégal ».

Avec ses partenaires techniques, le think tank Ipar et l’Ong 3D, Osidea a invité, le 24 novembre, les différentes parties prenantes à une large réflexion. « C’est une occasion de porter un regard largement prospectif sur le secteur extractif », déclare Cheikh Oumar Bâ, président du think tank Ipar.

Le contenu local et la transparence au cœur des débats

Mme Aïssatou Sophie Gladima, ministre du Pétrole et des Énergies, admet qu’il y a un ralentissement des activités consécutif à la crise sanitaire tout en se réjouissant que les compagnies pétrolières partenaires du Sénégal aient pris nombre d’engagements pour minimiser au mieux les impacts sur les délais des premières productions pétrogazières.

S’appesantissant sur le contenu local, elle évoque la bonne volonté de l’État et ses ordonnances dans ce sens. « Il est essentiel de rappeler que le contenu local constitue un pilier majeur autour duquel s’oriente une pluralité de dispositions à travers une loi chargée de traduire les attentes nourries par les populations en actions concrètes destinées à revaloriser nos compétences par l’employabilité ainsi qu’à élargir les domaines d’intervention des Pme et Pmi », explique le ministre.

« Une gestion efficace et durable des ressources naturelles ne peut se passer d’une stratégie nationale inclusive et d’une communication de transparence », certifie Awa Marie Coll Seck, présidente du Comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives. Elle salue l’esprit de la rencontre et la batterie de dispositions favorables à la gestion adéquate du pétrole et du gaz.

Malgré la crise, le mouvement se poursuit

Convié à présenter le cadrage des débats et à introduire les présentations, Fary Ndao, expert sur les questions pétrogazières, affirme que la crise n’a pas réussi à plomber le secteur des hydrocarbures, « quoique marqué par une baisse drastique de la demande pétrolière dans le monde, principalement dans les principaux centres pétroliers ». L’ingénieur géologue indique que le baril de Brent est, à ce jour, à 46 dollars alors que le 6 janvier 2020, il était à 69 dollars. Le Sénégal, poursuit-il, bien qu’il ait été relativement épargné par la Covid-19 sur le plan sanitaire, n’a pas échappé aux conséquences économiques. Fary Ndao l’explique par l’arrêt du flux des barils à travers le monde et la prudence des compagnies pétrolières et même de l’État sénégalais. Selon lui, chacun perdrait à entamer une production dans ce contexte de baisse des prix du baril ou pécherait à suffisamment guetter les signes de stabilité des marchés de matières premières.

Malgré tout, note-t-il, il y a des mouvements de plusieurs ordres : le mouvement législatif et règlementaire avec l’adoption du Code gazier en février 2020 ; l’adoption des décrets d’application du Code pétrolier ainsi que l’adoption récente de trois décrets d’application sur le contenu local en novembre 2020. Il y a également un travail législatif, technique et ministériel qui est fait et a abouti à la mise en place d’un corpus règlementaire, indique l’auteur de l’ouvrage « L’Or noir au Sénégal ». Il relève aussi un mouvement industriel qui concrétise le vœu de valorisation du pétrole sénégalais par le Sénégal et l’exécution en cours du projet d’augmentation des capacités de traitement de Sangomar. Le but du projet est de moderniser les installations de la Société africaine de raffinage (Sar) afin de faire passer sa capacité de traitement de 1,2 à 1,5 millions de tonnes par an. Fary Ndao cite également la prospection des premières stations-services de Petrosen trading et services (branche de Petrosen holding, avec Petrosen exploration et production Sa). Toujours sur le mouvement industriel, il y a le financement obtenu par Rgs Sa pour la construction du futur réseau gazier du Sénégal, en prélude de l’exploitation du gisement gazier Teranga.

L’ingénieur mentionne, enfin, le mouvement pétrolier porté par les opérateurs Bp Investment (pour le projet Grand Tortue Ahmeyim – Gta) et Woodside (pour le projet Sangomar). Les représentants des deux entités, par des présentations projetées, ont expliqué les détails, la pertinence et les retombées de leurs projets qui participent à inscrire le Sénégal à l’assemblée des États pétrogaziers.

Mamadou Oumar KAMARA

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