FIEVRE JAUNE AU SENEGAL ORIENTAL – Une vaccination prévue avant fin janvier

0
362
Le Sénégal a répertorié huit cas de fièvre jaune et deux décès en 2021. Une maladie qui réapparait en pleine pandémie de coronavirus dans les régions de Tambacounda et Kédougou. La Direction de la prévention compte démarrer la vaccination dans cette zone avant la fin de la troisième semaine de ce mois de janvier.

Après une période silencieuse, la fièvre jaune est réapparue de façon brutale au Sénégal. C’est en juillet 2020 qu’un premier cas est détecté dans la région de Dakar. Mais, soutient le directeur de la Prévention, c’est des choses qui arrivent dans le pays. Après ce premier cas, le ministère a eu des alertes sur d’autres maladies, notamment la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (FHCC). C’est en explorant ces maladies que les experts ont découvert quelques cas de fièvre jaune dans la région de Tambacounda. En approfondissant la recherche, explique le Dr Ndiaye, ils ont trouvé d’autres cas à Kédougou.

Finalement, ils ont recensé, dans la totalité du pays, 8 cas durant l’année 2020, qui étaient centrés dans l’est du pays. ‘’Il y a eu deux décès. En faisant le screening de l’ensemble des facteurs, nous avons constaté que les deux régions constituent actuellement des risques. Si on ne fait pas des actions de riposte importante, il se peut que ces deux régions soient confrontées, dans les prochaines périodes ou années, à une épidémie. Parce que le vecteur de cette maladie est un moustique qui, une fois infecté, peut éclater un jour’’, prévient le médecin.

Sur ce, ils ont décidé de vacciner les populations de cette zone avant la fin de la troisième semaine de ce mois de janvier. Selon le directeur de la Prévention, ils n’ont pas encore lancé la campagne. Ils sont dans les préparatifs. Mais, explique-t-il, pour lancer une campagne, aussi minime soit-elle, il faudra un minimum de planification. C’est-à-dire voir combien de personnes sont à vacciner, préparer les équipes, mettre les intrants et démarrer.

‘’Ce n’est pas une urgence avec une présence des malades. Mais c’est pour essayer de parer à toute éventualité. C’est pour cette raison que nous nous préparons. Le vaccin contre la fièvre jaune est disponible dans notre Programme élargi de vaccination et est fait à l’âge de 9 mois. Nous avons les doses nécessaires et sécurisées qui seront acheminées, dans les prochaines semaines, au niveau de ces zones’’, informe-t-il.

Pour le docteur El Hadj Mamadou Ndiaye, le Sénégal fait partie des pays endémiques. C’est-à-dire des pays où la fièvre jaune sévit de manière constante, mais elle peut revêtir une forme épidémique, parce qu’un cas est considéré comme une alerte.

Toutefois, souligne le préventionniste, dès qu’il y a deux à trois cas, on considère qu’il y a une épidémie. La détection de ces cas dans les régions de Tambacounda et de Kédougou démontre ‘’la possibilité d’une propagation selvatique de la fièvre jaune à des personnes non-vaccinées dans une zone rurale. Ces cas soulignent également l’importance de maintenir une forte immunité de la population dans tous les pays situés dans des zones à haut risque de cette maladie hémorragique virale’’, fait savoir le Dr Ndiaye.

Bien que le Sénégal ait mené une vaccination de masse en 2007, la partie orientale du pays est considérée comme étant à haut risque de transmission endémique de la fièvre jaune. Dans ces conditions, les personnes non-vaccinées restent vulnérables à l’infection par la fièvre jaune, en raison notamment de la persistance de la maladie chez les primates (cycle selvatique), en particulier dans les zones rurales. De plus, certains experts redoutent que la pandémie de Covid-19 perturbe les activités de vaccination de routine, en raison de la charge qui pèse sur les systèmes de santé.

L’autre menace, c’est la baisse du recours à la vaccination, en raison de la réticence des communautés. Mais le Dr Ndiaye rassure que tout est prêt pour commencer la vaccination.

Ces cas de fièvre jaune interviennent quelques jours après la notification d’une épidémie de fièvre jaune qui a touché, dès la fin du mois d’octobre dernier, le nord-ouest de la Guinée. Dans ce pays voisin du Sénégal, une cinquantaine de cas ont été détectés dont 14 décès suspects non confirmés.

La prévention de la fièvre jaune est possible grâce à un vaccin extrêmement efficace. Une seule dose de celui-ci confère une immunité durable et protège à vie contre la maladie, sans qu’il y ait besoin d’une dose de rappel. Aussi, il confère une immunité efficace dans les 30 jours, pour 99 % des sujets vaccinés.  Parmi les symptômes de cette maladie hémorragique virale aiguë transmise par des moustiques infectés, figurent la fièvre, les céphalées, des nausées, des vomissements ou de la fatigue. Et dans une petite proportion des cas, les patients contractant la maladie développent des symptômes sévères et environ la moitié d’entre eux meurent dans les sept à dix jours.

VIVIANE DIATTA

ENQUETEPLUS

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here