Covid-19 au Kenya: décrochage massif dans les écoles après neuf mois de fermeture

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Cela fait une semaine que les écoles sont rouvertes au Kenya. Une rentrée tant attendue après plus de neuf mois de fermeture suite à la pandémie du Covid-19. Près de 16 millions d’écoliers ont repris le chemin de l’école. Le gouvernement kényan avait fermé les établissements scolaires dès l’apparition du premier cas de coronavirus en mars dernier et ne les avait pas rouverts depuis. Résultat : le décrochage scolaire s’annonce massif.

Ils ont le sourire masqué, mais les petits yeux rieurs des écoliers témoignent de leur bonheur. Andrew, 11 ans et Michelle 15 ans, sont soulagés d’être de retour à l’école.

« On est resté presque toute l’année sans apprendre. Je suis resté 5 mois au village chez ma grand-mère, je l’aidais à la ferme. Sans école, on ne trouvera pas de travail plus tard », confie Andrew. Pour Michelle : « C’était ennuyeux. J’étais avec ma maman, je travaillais avec elle à faire des nettoyages, mais je devais aussi faire mes devoirs. Cela me rendait nerveuse. »

Rattraper ces longs mois sans instruction ou presque, c’est le défi de taille auquel s’attèlent désormais les professeurs et qui inquiète madame Lydia : « Ça va être très compliqué parce que les élèves ont besoin de pratiquer encore et encore. S’ils restent longtemps sans rien faire, ils oublient. Donc il va falloir tout reprendre à zéro. »

Jusqu’à 30% d’absentéisme

Dans cette école, 10% des élèves ne se sont pas présentés. Ailleurs dans le pays, le taux d’absentéisme atteint parfois 30%.

Lynus Oure, professeur de français, ne comprend pas cette décision du gouvernement de fermer les écoles aussi longtemps : « Au Kenya, on a moins de 2 000 morts, les écoles sont fermées, l’année scolaire est perdue. Il faut noter que les bars sont ouverts, les églises sont ouvertes, les marchés aussi sont ouverts. Et donc ce raisonnement de fermer l’école, c’est bizarre. »

Une décision aux lourdes conséquences : grossesses adolescentes, mariages de mineurs, mendicité sont en plein boom. Des milliers d’enfants pour qui l’instruction n’est désormais plus une priorité.

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