Loi sur l’état d’urgence: Les craintes de l’opposition pour les libertés des citoyens

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L’adoption, lundi 11 janvier, du nouveau projet de loi relatif à l’état d’urgence et l’état de siège par la majorité parlementaire n’a pas tempéré les ardeurs d’une partie de l’opposition. Sous la houlette du vice-président de la Commission des lois, le député Abdou Bara Doly Mbacké, cette dernière s’est résolue à poursuivre sa fronde pour un respect des principes démocratiques.

Le vice-président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale,  Abdou Bara Dolly Mbacké, qui avait initié une fronde pour empêcher le vote de la loi sur l’état d’urgence et l’état de siège, ne compte pas lâcher du lest. Il entend déposer un recours pour l’annulation de cette loi adoptée lundi dernier et qui, à ses yeux, a un caractère inconstitutionnel. À l’issue de la séance plénière consacrée à l’adoption de ce texte, le parlementaire a souligné qu’il va renforcer le plaidoyer auprès de ses camarades de l’opposition en vue de recueillir le maximum de signatures.

« Nous disposons d’une douzaine de signatures et nous comptons en recueillir d’autres d’ici vendredi, avant de saisir le Conseil constitutionnel. Nous estimons que cette loi est anticonstitutionnelle. Elle sert de brèche au Chef de l’État pour s’arroger de nouveaux pouvoirs et saper des acquis démocratiques », argue-t-il lors d’un entretien téléphonique.

Il estime aussi que l’opposition doit faire bloc pour contrecarrer ce projet et dit n’accorder aucun crédit à l’idée de renforcer, à travers cette loi, des capacités d’adaptabilité et d’anticipation pour initier des stratégies de riposte efficaces contre certains types de maladies dans l’intérêt exclusif des populations.

Si le Gouvernement a pu instituer, à travers la modification de cette loi, un régime juridique de gestion des crises, des catastrophes naturelles et sanitaires, Abdou Bara Doly Mbacké juge que la thèse avancée est creuse. Il pense qu’il n’est pas uniquement question de prendre des mesures idoines et d’agir avec célérité sans recourir, de nouveau, à une loi d’urgence. Pour le député et responsable au parti Bokk Guiss Guiss, l’État cherche à dérouler des stratégies en sa faveur. « Nous n’allons pas l’accepter », ajoute-t-il.

Députée de la diaspora, Mame Diarra Fam, du Pds, a eu à exprimer ouvertement la même position. Elle souligne que l’opinion doit être édifiée sur le bien-fondé de ces mesures qui renferment, de son point de vue, des non-dits.

Une autre figure de l’opposition,  le député Mamadou Diop Decroix d’Aj/Pads, a abondé dans le même sens. Il en appelle ainsi à la mobilisation citoyenne pour empêcher « toute tentative de bafouiller des libertés individuelles et collectives ».

Matel BOCOUM

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