Saint-Louis : Renforcement de capacités des journalistes en santé contre les fake news sur les vaccins

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De Adama SENE correspondant de Teranganews à Saint-Louis

Un atelier d’orientation de 48 heures sur le Programme Élargi de Vaccination (PEV) et la gestion des fakes news sur les vaccins s’est tenu à Kaolack. Organisée par la direction de la Prévention du ministère de la Santé et de l’Action sociale, la rencontre a vu la participation d’une vingtaine de journalistes et points focaux de l’Association de Journalistes en Santé, Populations et Développement (AJSPD) venus de toutes les régions du Sénégal. Ainsi pendant deux jours d’échanges entre experts de la santé et professionnels de la communication, le PEV a été revisité pour partager les performances et les défis dudit programme en intégrant la gestion des rumeurs et fakes news devenues monnaie courante dans les médias et réseaux sociaux. Lancé au Sénégal en 1979 avec seulement 06 antigènes, le PEV a aujourd’hui franchi des pas de géants avec 13 antigènes.

A en croire le coordinateur du Programme Elargi de Vaccination (PEV) au ministère de la Santé et de l’Action Sociale, le programme qui vise la réduction de la morbidité et de la mortalité liées aux maladies évitables par la vaccination, affiche un taux vaccinal plus que satisfaisant dans la protection des enfants. « Grâce à l’engagement des autorités au plus haut niveau en faveur du PEV mais aussi à celui des différents acteurs que sont entre autres le personnel de santé et les partenaires, ledit programme a permis une diminution significative des cas de rougeole depuis 2003, la baisse de la morbidité de plus de 90%, l’élimination des cas de décès depuis 2005, l’éradication de la poliomyélite depuis 2005 et d’éviter plus de 5000 décès d’enfants par an.

En plus de ces performances, le Sénégal n’a plus connu de rupture de doses de vaccination depuis plus de 10 ans alors que la totalité des régions ont bénéficié de chambres froides adaptées pour la conservation des vaccins dans les meilleures conditions » a souligné Dr Ousseynou Badiane. Avant de signaler que les statistiques du ministère de la santé ont montré qu’en 2017, 75 % des enfants de 12-23 mois avaient reçu, au moment de l’enquête, tous les vaccins de base. La quasi-totalité des enfants de 12-23 mois ont reçu le Bcg (95 %). Les taux de vaccination pour le Pentavalent sont très élevés passant de 97 % pour la première dose à 95 % pour la deuxième dose et à 92 % pour la troisième. Malgré ces belles performances réalisées dans le cadre du PEV, il reste au Sénégal de nombreux défis à relever.

Pour Dr Badiane, il faudra réfléchir sur le financement durable du programme, de l’amélioration de la gestion efficace des vaccins, du renforcement des ressources humaines, de la maintenance et du renouvellement de la logistique, de la gestion des déchets et de la sécurité des injections, de l’élargissement de la cible au-delà de 12 mois, de l’amélioration de la qualité des données, de la prise en compte des données du privé et la gestion des fakes news surtout concernant les vaccins. Revenant sur ce dernier point, le coordonnateur du PEV a rappelé les contre-performances de 2018 liées aux fausses informations sur les vaccins, particulièrement sur le HPV (vaccin contre le cancer du col de l’utérus). « Des informations erronées ont en effet circulé à travers les médias et réseaux sociaux mettant en doute l’efficacité du vaccin chez les populations juste après le lancement par le chef de l’état de l’introduction de ce vaccin contre le cancer du col de l’utérus. Des informations qui n’ont aucune base scientifique et qui ont entrainé un ralentissement des activités de vaccination dans plusieurs points de prestation de services. Couplé au mouvement d’humeur du personnel sanitaire, les couvertures vaccinales étaient au plus bas niveau dans la majorité des districts sanitaires. Heureusement qu’en 2019, il y a eu une nette amélioration dans le calendrier vaccinal» a expliqué Dr Badiane.

Pour ne plus vivre de pareilles situations et tombés dans le piège des rumeurs et des fakes news, la direction de la Prévention et l’Association des Journaliste en Santé, Population et Développement ont décidé de réunir leurs forces pour la sensibilisation des populations sur la vaccination afin de maintenir et de renforcer les acquis. Pour la gestion des fakes news et rumeurs, l’expert en Com, Mame Gor Ngom, a rappelé aux journalistes participants, la tenue à adopter pour éviter d’être manipulé ou d’influencer négativement. Selon lui, la guerre des géants pharmaceutiques et les méthodes peu orthodoxes souvent utilisées pour gagner les marchés doivent pousser le journaliste à vérifier toute information et de s’adresser aux sources fiables. D’ailleurs à l’issue des 48 heures de travaux, de fortes recommandations ont été faites aux journalistes surtout pour gérer les fausses informations.

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