«La France a une culture antireligieuse qui n’est pas spécifiquement centrée sur l’Islam»

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En brouille souvent du fait de leurs positions par rapport à des sujets notamment les crises en Syrie et en Libye, entre autres, le désaccord entre la France et la Turquie s’est accentué dernièrement, avec la position tranchée de l’hexagone sur les caricatures du Prophète Mohammed (PSL). Invité de l’émission Jury du Dimanche, sur iRadio, hier dimanche, Ahmet Kavas, ambassadeur de la Turquie au Sénégal, a revisité des pans du rapport tumultueux entre les deux pays. Relevant qu’«il n’y a pas de séparatisme islamique, ni d’Islam modéré ni séparatiste» mais «un seul Islam» et «la France a une culture antireligieuse qui n’est pas spécifiquement centrée sur l’Islam».
«La France a une culture antireligieuse qui n’est pas spécifiquement centrée sur l’Islam. Elle s’est créée un Islam qui lui est propre, un Islam déchainé par leur propre idéologie». Ahmet Kavas, l’ambassadeur de la Turquie au Sénégal, en est convaincu. Invité de l’émission Jury du Dimanche, sur iRadio hier, dimanche 20 décembre 2020, le chef de la diplomatie turque au Sénégal a reconnu pourtant que les liens entre les deux pays sont séculaires.  «Nos relations avec la France sont historiques. En effet, l’empire Ottoman a capitulé plusieurs fois devant la France. Nous avions beaucoup de contacts bilatéraux à l’échelle de l’Europe. Mais nous avons remarqué que la France a laissé des traces inoubliables dans l’empire Ottoman. On était des amis pendant des siècles, jusqu’à ce que la France commence à changer sa politique», a déclaré le diplomate Turc.

«LA FRANCE NE PEUT PAS SE CREER UN ‘’ISLAM’’ PROPRE A ELLE»

Et, dans ce changement de politique, la position officielle de la France sur la question des caricatures du Prophète de l’Islam (PSL) pose un réel problème, dénonce Ahmet Kavas. Pour le professeur d’université, la France, même étant considérée comme la fille aînée de l’Eglise, est loin d’adopter une culture religieuse qui pourrait honorer ses pratiques et considérations envers les pays qui ont une culture religieuse solide. Amet Kavas est d’avis qu’il appartient aux adeptes de l’Islam, une religion qui compte un peu moins de 4 milliards de musulmans, et au monde musulman de faire respecter sa religion qu’est l’Islam. Et d’ajouter : «le président Turc, Recep. Tayip Erdogan demande aujourd’hui au président Emmanuel Macron, de respecter les valeurs musulmanes car, on ne pourrait accepter de se faire insulter à travers des politiques qui attaquent la religion musulmane. La France ne peut pas se créer un ‘’Islam’’ propre à elle».

«IL N’Y A NI ISLAM INTEGRISTE, NI MODERE, NI SEPARATISTE ; IL N’Y A QU’UN SEUL ISLAM»

Mieux, revenant sur la vision (interprétation) du président français Emmanuel Macron de l’Islam, l’ambassadeur de la Turquie au Sénégal fera remarquer que «ce sont tant de définitions faites sur l’Islam. Il n’y a ni d’Islam intégriste, ni modéré, ni séparatiste ; il n’y a qu’un seul Islam. Parce que si la France trouve ces prétextes, cela sous-entend qu’il y’a un Islam intolérant. Or, l’Islam n’est que beauté, pardon et tolérance», a-t-il défendu. Non sans souligner que même si on peut assurément critiquer le comportement de certains musulmans, ces prétextes du président Emmanuel Macron n’ont de sens…  En désaccord ouvertement sur plusieurs sujets dont les crises syrienne et libyenne, le fossé s’est élargi entre la France et la Turquie depuis la question des caricatures du Prophète Mohammed (PSL) «légitimée» en France, au nom des libertés. Il s’en est suivi une crise diplomatique entre les deux pays, notamment le rappel par Paris de son ambassadeur à Ankara et l’appel au boycott des produits français lancé par le président turc dans tout le monde musulman. La santé mentale du président français, Emmanuel Macron, a même été remise en cause par le président Recep Tayip Erdogan. Ce qui a poussé le président Macron à aller s’expliquer, sur la chaine arabe Al-Jazeera, pour dissiper la colère et le «malentendu» créé par ses propos sur l’Islam. Auparavant, il a dépêché son ministre des Affaires étrangères et de l’Europe auprès de pays musulmans dont l’Egypte. Autant d’actes et de rebondissement qui témoignent des relations tendues entre les deux pays. Ce qu’a confirmé l’ambassadeur de la Turquie au Sénégal, en poste depuis août dernier, face à Mamoudou Ibra Kane.

I.  DIALLO

SUDONLINE

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