Exposition: Leonard de Vinci illumine le Musée des Civilisations noires

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Le Musée des Civilisations noires de Dakar a inauguré, samedi dernier, l’exposition «Opera omnia Leonardo». Avec le sourire de Mona Lisa en tête d’affiche, ce sont au total 17 chefs-d’œuvre du peintre italien Leonard de Vinci qui s’invitent à Dakar jusqu’au 28 février.

La première incursion, la première ouverture sur l’intemporel et l’universel, est offerte par la façade du Musée des Civilisations noires (Mcn). Sur son flanc gauche sont affichés George Floyd et La Joconde regardant dans la même direction avec cette phrase qui se passe volontiers de toute époque : «… Je suis une création continue de l’humanité». L’exposition «Opera omnia Leonardo», dédiée au peintre italien Léonardo de Vinci, s’ouvre sur «la Cène». Cette fresque du haut de ses 460 x 880 cm donne l’impression de filtrer la lumière du jour qui s’invite timidement dans le hall du musée avant de la disperser au sol, plus adoucie et plus calme. Un groupuscule s’extasie devant cette peinture qui représente le dernier repas du Christ avec ses apôtres.

«C’est une fresque qui était peinte sur un mur dans le réfectoire de la Santa Maria delle Grazie à Milan», explique Oumy Diaw, responsable de la communication du Mcn. Elle trouve là la justification de l’emploi de la haute technologie pour reproduire à l’exacte certaines œuvres et l’utilisation du rétroéclairage pour en ressortir le reflet exact.

«Le travail sur les couleurs, les perspectives, la profondeur, les détails, tout y est. Il y a des gens qui habitent Milan et qui ne l’ont jamais vu», ajoute Ousseynou Wade, commissaire associé de l’exposition, le visage rayonnant de fierté. L’équipe qu’il dirige prend le couloir à gauche du Cénacle. Les mûrs portent des précisions biographiques sur l’artiste et s’ouvrent sur une salle en forme circulaire. Il faudra éteindre la lumière blanche pour en allumer une plus sombre. Ainsi les couleurs des toiles jaillissent-elles, pour se mélanger aux formes humaines, angéliques ou aux paysages qui peuplent les toiles. Leonard de Vinci apparaît dans ses œuvres, son génie transparaît dans les détails. La précision dans les traits des visages et le regard des personnages qui donnent l’impression de parler aux visiteurs absorbent l’attention des contemplateurs. Les médiateurs se lâchent. Ibrahima Thiam, l’un d’eux, explique la première toile l’Annonciation : «À droite, avec la Bible, on voit la Vierge Marie. Devant elle, à genoux, c’est l’Ange. Il est venu annoncer la naissance de Jésus».

Tout juste à côté, une autre toile expose le petit-Jésus. La Vierge et lui sont placés au centre de la peinture qui s’est évertuée à les rendre plus lumineux que les mages. Ce tableau est une dichotomie entre lumières et ténèbres. C’est Oumy Diaw qui brise ainsi les codes disséminés dans cette réalisation du peintre de la Renaissance. Elle souligne par ailleurs, sous le prisme de son expérience de photographe d’œuvres d’art, un certain «parallélisme asymétrique» entre certaines productions de De Vinci. Une touche de gémellarité entre des toiles réalisées dans des contextes et périodes différentes que la réunion des 17 chef-d’œuvres permet de lire et d’interpréter. Dibor Faye dit s’être arrêtée par curiosité. «J’étais juste de passage et j’ai été attirée par ce que j’ai vu. Je me demande si l’information est suffisamment passée. Je compte revenir spécialement avec d’autres personnes», relève-t-elle le regard plongé dans la chevelure nuageuse de «L’ébouriffée».

Mais, l’œuvre picturale qui synthétise le génie de Léonard de Vinci et polarise l’attention des visiteurs est La Joconde. Elle est d’ailleurs de l’autre côté de la salle. «C’est impressionnant», Mamadou Diagne ne cesse de se répéter que «c’est impressionnant». Parce ce que toutes les toiles sont des copies et que cette Mona Lisa qu’il voit n’est en rien différente de celle qu’il a vue en 1977 au Louvre. Le monsieur de 65 ans se dit dépassé par la précision de la réplique.

Derrière lui se tient Théo Petroni, coordonnateur et graphiste de l’exposition. Il explique que «ce sont des caissons lumineux» qui sont utilisés pour présenter les dix-sept copies des toiles. Chacune d’elle est placée dans un caisson en cadre de bois et muni d’un miroir sur lequel elle apparaît. Il glisse sa main en bas du caisson qui abrite la Joconde et appuie successivement sur deux touches. L’une diminue l’intensité des couleurs du tableau, l’autre les rend plus vives. Ces boîtes sont ainsi alimentées par des prises électriques flanquées au mûr pour l’occasion de l’«Opera omnia Leonardo» que Théo Pétroni présente comme un bel exemple de coopération entre le Sénégal et l’Italie. Depuis 2019, précise-t-il, les œuvres de Léonard de Vinci sillonnent le monde. Un voyage entamé à Addis-Abeba et qui se clôture à Dakar.

Comme perspective, le Musée des Civilisations noires envisage d’exposer Picasso et la civilisation maya.

Moussa SECK & Abdoul Rahim KA (stagiaires)

LESOLEIL

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