L’ONU, très discrète sur le dossier birman, en quête d’un consensus

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Comme une mise en garde entre les lignes à la Chine. Alors qu’elle s’adressait au nom des États-Unis sur le Tigré jeudi 4 mars, après l’échec du Conseil de sécurité à s’entendre sur une déclaration commune, l’ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield a étonnamment annoncé la réunion du Conseil ce vendredi matin sur la Birmanie. Elle a demandé des voix plus fermes et plus unies, alors que l’ONU peine à atteindre les généraux birmans, qui continuent à attaquer la population birmane.

Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten

 

Plus d’un mois après le coup d’État, le Conseil de sécurité s’est contenté d’une déclaration commune épurée. L’envoyée spéciale de l’ONU en Birmanie n’a toujours pas pu se rendre sur place. Et c’est à peine si on a évoqué, à New York, le passage d’Aung San Suu Kyi devant un tribunal, il y a trois jours.

Les multiples appels du secrétaire général Antonio Guterres se répètent et se ressemblent. Les membres du Conseil affirmaient attendre une décision de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, finalement assez décevante. Pourtant, l’enjeu – la mise en danger du processus de démocratisation – est primordial.

La Chine, un partenaire à manier avec délicatesse

L’apparente lenteur de réaction de l’ONU fait ainsi lever les yeux d’impatience les non-diplomates. Mais les négociateurs le savent : il faut prendre des pincettes avec la Chine, qui soutient la junte et peut tout bloquer avec son veto. Certains le rappellent : rien qu’avoir réussi d’une part à inscrire la Birmanie à l’agenda du Conseil de sécurité, et d’avoir reconnu d’autre part le « coup d’État », étaient des exploits.

Ils pensent que Pékin peut aussi infléchir sa position, suite au changement de dynamique de la diplomatie américaine. La Chine va peut-être donner plus de gages que d’habitude ce vendredi matin. On le saura en fonction de la déclaration du Conseil.

Nous avons besoin de plus d’actions. Les mots ne suffisent plus. On continue à nous dire qu’on s’inquiète pour nous et qu’on condamne telle ou telle action militaire. Mais ces terroristes, ces assassins, ils s’en fichent. Ils continuent d’abattre des gens.

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