Femmes, ouvrez la voie – osez le défi – Les photographes africaines mettent l’égalité des genres au premier plan

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DUBAI, Émirats arabes unis, 31 mars 2021/ — En Afrique, un continent où l’inégalité entre les genres freine déjà considérablement le développement, les opportunités économiques des femmes sont encore réduites par la pandémie de Covid-19.

Dans le cadre de la session de mars de la plateforme Africa Frontiers of Innovation de Canon, quatre grandes figures féminines expliquent comment elles sont parvenues à la réussite professionnelle en choisissant de défier les obstacles qui se dressaient devant elles, en affaires et dans les arts.

Atteindre d’ici 2030 l’objectif de l’égalité des genres fixé par les Nations Unies pourrait s’avérer plus difficile encore qu’avant la pandémie de Covid-19, car ce sont les femmes qui en subissent l’impact négatif le plus important. En effet, différentes études révèlent que, sur le plan économique, les femmes sont davantage affectées par la pandémie et qu’elles effectuent la majeure partie des tâches non rémunérées. Selon un rapport de McKinsey, plus d’une femme sur quatre aux États-Unis envisagent de mettre leur carrière en veilleuse ou de quitter le marché du travail.

En Afrique, où l’on estime que l’inégalité entre les genres représente l’une des menaces les plus importantes pour l’avenir, 70% des femmes sont toujours financièrement exclues. Selon Forbes Africa, aucun des 18 milliardaires du continent n’est une femme.

Lors de la dernière session de la plateforme Africa Frontiers of Innovation de Canon qui a eu lieu le 24 mars 2021, trois photographes femmes de premier plan – Aisha Augie, Gulshan Khan et Sarah Waiswa ont évoqué avec Irene Ochem, PDG du Forum des Africaines pour l’innovation et l’entrepreneuriat (AWIEF, Africa Women Innovation and Entrepreneurship Forum), comment elles ont osé défier l’inégalité des genres et comment elles ont surmonté les obstacles à la réussite professionnelle.

La plateforme Africa Frontiers of Innovation de Canon (www.Canon-CNA.com), le chef de file de l’imagerie, réunit des leaders d’opinion de tout le continent afin qu’ils discutent de solutions pour les problèmes contemporains, notamment de la pandémie de Covid-19. Les sessions, qui ont lieu une fois par mois, sont animées par la journaliste kényane primée Victoria Rubadiri et diffusées sur les réseaux sociaux.

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la session de mars avait pour thème les pionnières. Chez Canon, qui s’est fait depuis longtemps le champion de l’égalité des genres, plus de la moitié des postes de cadre sont occupés par des femmes. Ce score est largement supérieur à la norme qui prévaut en Afrique. « Aider les femmes à faire progresser leur carrière fait naturellement partie de la philosophie d’entreprise de Canon fondée sur le Kyosei : travailler ensemble. Nous croyons à l’autonomisation des personnes et à la création d’opportunités égales pour tous », a déclaré Mai Youssef, directrice des Services communication et marketing de Canon CNA.

Selon Irene Ochem, qui est basée au Nigeria, les Africaines entrepreneures ou exerçant toute autre profession sont confrontées à de nombreux obstacles, notamment à la difficulté d’obtenir des financements et d’accéder aux marchés, ainsi qu’à la rareté des possibilités de réseautage. « Les entreprises africaines sont généralement dirigées par des hommes africains et il y a peu de dirigeantes africaines. Les femmes sont discriminées en matière d’accès aux opportunités et notre travail consiste à combler ce fossé. »

Outre le fait d’être confrontées à la nécessité de surmonter des obstacles majeurs, les participantes ont toutefois souligné les opportunités et les atouts qu’apporte le fait d’être une femme. « Quand un foule de photographes se presse pour saisir “LA photo”, je me démarque parce que je suis une femme. Parfois, je suis poussée en première ligne, ce qui peut être positif ou négatif. Pour moi, cela a été plutôt positif dans l’ensemble », a déclaré Aisha Augie. Quatre outils éprouvés d’autonomisation des femmes ont été mis en lumière au cours de la session : les réseaux sociaux, le mentorat, la célébration des succès et le réseautage.

Réseaux sociaux

La photographe sud-africaine Gulshan Khan, première femme africaine à travailler régulièrement pour l’Agence France Presse (AFP) et première Ambassadrice Canon sud-africaine, a déclaré que les réseaux sociaux lui ont permis d’obtenir des commandes auxquelles, sinon, elle n’aurait pas eu accès. « Les réseaux sociaux ont débloqué la situation. J’ai téléchargé mes travaux sur ces plateformes et ils ont commencé à attirer l’attention. Cela m’a permis d’être vue par les éditeurs. »

Sarah Waiswa, photographe documentaire et portraitiste primée basée au Kenya, pense que les résaux sociaux ont changé la donne. « Aujourd’hui, vous n’avez plus besoin de demander la permission à qui que ce soit, vous pouvez vous auto-publier et diffuser votre travail. »

Pour Aisha Augie, fonctionnaire, communicatrice et artiste polyvalente, les réseaux sociaux lui ont ouvert de nouvelles perspectives de travail. « Au Nigeria, les responsables politiques utilisent les images à titre de preuve sociale, pour combler le fossé entre le gouvernement et les citoyens. Aujourd’hui, les gens veulent voir ce qui a été fait et demandent des comptes aux décideurs : c’est pourquoi la photographie et la vidéographie font désormais partie intégrante de tout plan de communication. »

Aisha Augie constate qu’elle inspire ses « followers »: « Les réseaux sociaux sont un lieu où je peux partager mon expérience et montrer aux autres femmes qu’il est possible de faire carrière dans la photographie. »

Mentorat

Le mentorat a joué un rôle essentiel dans l’uniformisation des règles du jeu et la création d’opportunités pour les jeunes femmes. « Au départ, j’ignorais comment naviguer dans ce secteur. Puis de nombreuses personnes m’ont contactée et ces échanges d’informations et de connaissances ont été précieux », a déclaré Gulshan Khan, qui pense qu’il est plus judicieux de partager une expertise approfondie que d’avoir peur de la concurrence.

Sarah Waiswa a fondé le collectif « African Women in Photography » en tant qu’organe de soutien. « Que ce soit sous la forme d’un webinaire, de conversations individuelles ou de partage d’offres d’emploi, le mentorat est essentiel. Avancer avec d’autres personnes vous mène plus loin que si vous avanciez seule. »

Quant à Irene Ochem, elle estime que les femmes qui ont réussi ont le devoir d’ouvrir la voie à d’autres femmes. « L’apprentissage par les pairs est extrêmement efficace. Celles qui atteignent les sommets ne doivent pas fermer la porte derrière elles mais la laisser ouverte pour permettre à d’autres femmes d’emprunter elles aussi la voie du succès. »

Célébrer le succès

Irene Ochem est l’organisatrice de la Conférence et des Prix de l’AWIEF. Elle est convaincue que récompenser le succès encourage les femmes à aller plus loin. « Parfois, c’est le manque de confiance en soi qui retient les femmes. Mais si une femme pense qu’elle est capable de réaliser un projet, alors ce projet deviendra une réalité. »

« Reconnaître une réussite est une approche très efficace. La mise sur le devant de la scène peut attirer des investisseurs potentiels et permettre d’évoluer et de grandir. Voir que d’autres femmes ont réussi, qu’elles créent des emplois et construisent l’économie africaine est extrêmement motivant. »

Le programme Canon Ambassadors de Canon célèbre les réussites. Il rassemble un nombre croissant d’Africaines photographes et cinéastes : Yasmin AlBatoul (Algérie), Laura El-Tantawy (Égypte/Royaume-Uni), Yagazie Emezie (Nigeria) Menna Hossam (Égypte), Georgina Goodwin (Kenya), Gulshan Khan (Afrique du Sud), Aïda Muluneh (Éthiopie) et Sarah Waiswa (Kenya/Ouganda). Selon Gulshan Khan, « Participer à ce programme me rappelle combien il est important d’être visible, de gagner du terrain, d’être fière de ce que l’on accomplit. »

Réseautage

Les réseaux – comme le programme Canon Ambassadors de Canon et le collectif African Women in Photography – peuvent aider les femmes à aller de l’avant.

« Les femmes n’ont pas le même accès aux réseaux que les hommes. Dans les entreprises africaines, il existe une culture bien ancrée du “club réservé aux hommes”, souligne Irene Ochem. Nous œuvrons pour que cela change en créant un réseau de femmes entrepreneures ; nous devenons leur connexion. »

Pour Aisha Augie, le réseautage joue un rôle inestimable, surtout dans les zones où les ressources locales sont limitées. « Je suis originaire du Nord du Nigeria, où il est difficile de louer ou de se procurer des appareils photo spéciaux. Les gens de votre réseau vous prêteront leur équipement. Vous contactez des personnes qui connaissent d’autres personnes. Vous diffusez votre travail. Quand je ne peux pas prendre une commande, je la transfère à quelqu’un que je connais. »

Aisha Augie a expliqué que les réseaux permettent souvent de trouver des financements : « Si vous prévoyez de réaliser un projet ou une exposition, c’est presque toujours par l’intermédiaire de quelqu’un qui vous connaît que vous allez trouver un sponsor. Le réseautage est essentiel. »

Selon Sarah Waiswa, la pandémie a permis la création de nouvelles relations. « Via l’internet, il est possible d’entrer en contact avec des gens auxquels vous n’auriez jamais pensé ; la crise a créé des ouvertures que l’on n’aurait pas imaginées auparavant. »

Des signes encourageants
Malgré les nombreux obstacles qui subsistent, les quatre femmes ont confiance en l’avenir. Elles ont célébré la récente élection de Samia Suluhu Hassan, première présidente de Tanzanie, ainsi que plusieurs autres événements encourageants.

L’une des rares retombées positives de la pandémie de Covid-19 est que la crise a encouragé le lancement de nouvelles activités. « Leurs journalistes et photographes habituels étant dans l’impossibilité de voyager, les clients internationaux ont été contraints de se tourner vers les talents locaux, a expliqué Sarah Waiswa. Il est malheureux qu’il ait fallu un événement aussi grave, mais le travail et la visibilité supplémentaires ont été une bonne chose. »

« Bien que la Covid-19 ait été une période particulièrement sombre, il y a eu aussi quelques points positifs. La crise nous a rappelé la valeur de la vie, son imprévisibilité, et notre véritable place dans le monde ; elle nous a invités à envisager ce que nous pouvons faire pour changer les choses et avoir un impact. La pandémie a limité nos possibilités de voyager mais elle nous a incités à regarder en nous-mêmes et c’est peut-être ce sur quoi nous devons nous concentrer. »

Pour Gulshan Khan, l’heure est à la transformation et à la guérison. « Aujourd’hui plus que jamais, nous organisons des discussions. Nous devons continuer sur notre lancée. Nous ne pouvons nous élever que par la confrontation avec les autres. Cela peut être difficile, mais c’est la seule façon de progresser. »

Irene Ochem est enthousiaste. « Les femmes sont davantage conscientes de leurs droits, surtout les plus jeunes. De nombreuses innovations émergent partout sur notre continent. Nous obtenons progressivement l’adhésion des hommes, qui commencent à comprendre que l’égalité des genres est également un avantage pour eux. Ce n’est pas seulement un droit humain. Toutes les recherches et analyses montrent que l’égalité des chances entre les hommes et les femmes favorise le développement. »

« La pandémie a compliqué la vie de beaucoup de gens ; c’est pourquoi les discussions sur la plateforme Africa Frontiers of Innovation sont si précieuses en ce moment, a souligné Mai Youssef. Nous espérons que les stratégies de réussite que nous examinons inspireront et encourageront les femmes du monde entier », a-t-elle ajouté.

La plateforme Africa Frontiers of Innovation de Canon continuera chaque mois de l’année 2021 à explorer les défis contemporains au côté de leaders d’opinion africains. Pour participer aux discussions, suivez Canon (www.Canon-CNA.com) sur Facebook (https://bit.ly/2PczgA9) ou LinkedIn (https://bit.ly/3fsJIhv).

Références :

  • Covid-19 & gender equality : https://mck.co/3diAeCR
  • Women leaving the workforce : https://mck.co/3rDrqN4
  • 70% of Africa’s women are excluded : https://bit.ly/3rx5qmU
  • Africa’s billionaires : Forbes Africa – Fév./Mars 2021

Distribué par APO Group pour Canon Central and North Africa (CCNA).

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