Pandémie: Taïwan et les Palaos créent une “bulle” où voyager librement

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Taïwan et l’archipel des Palaos, dans le Pacifique, ont inauguré jeudi une “bulle” au sein de laquelle leurs ressortissants pourront à nouveau voyager, les deux alliés cherchant à soutenir leur industrie touristique durement éprouvée par la pandémie.

Les deux parties ont présenté l’événement comme “historique” pour la région Asie-Pacifique, où de nombreux pays travaillent à des arrangements similaires pour relancer leur économie.

Une centaine de touristes taïwanais enthousiastes sont arrivés jeudi matin à l’aéroport international de Taoyuan, près de Taipei, pour s’enregistrer près de cinq heures avant le décollage prévu de leur vol, afin de pouvoir être testés dans l’intervalle.

“Je suis vraiment enthousiaste mais je me sens aussi ému car cela fait très, très longtemps que je n’ai pas voyagé”, a confié à l’AFP Andy Yang.

“J’ai vraiment, vraiment hâte”, a déclaré de son côté Choyce Kuo. “Cela fait un an que j’attends cela”.

Parmi les passagers de ce premier vol vers les Palaos, figure aussi le président de l’archipel Surangel Whipps, qui boucle une visite de cinq jours sur l’île pour préparer l’événement.

En milieu de journée, les autorités ont annoncé que tous les passagers avaient été testés négatifs. Et leur vol a décollé vers 14H45 (06H45 GMT), selon la compagnie taïwanaise China Airlines.

– “Le voyage peut débuter” –

Les Palaos se trouvent à un millier de kilomètres à l’est des Philippines et sont un des rares endroits au monde à n’avoir enregistré aucun cas de coronavirus.

C’est aussi un des 15 pays au monde qui reconnaît officiellement Taïwan, en dépit de pressions intenses de Pékin.

Taïwan, de son côté, avait été rapidement touché par la pandémie apparue en Chine. Mais les autorités taïwanaises ont été parmi les plus efficaces au monde pour contenir l’épidémie, grâce à de très stricts contrôles aux frontières, des quarantaines et un système très poussé de traçage des cas.

“L’ouverture de cette bulle pour les voyages a pris beaucoup de temps et demandé beaucoup d’efforts”, a déclaré aux journalistes le ministre taïwanais de la Santé Chen Shih-chung.

“Les deux parties sont sûres sur le plan de la pandémie, ce qui fait que le voyage peut débuter”.

Le projet est à terme de permettre 16 liaisons par semaine.

Avant la pandémie, le tourisme représentait plus de la moitié du PIB des Palaos.

Mais si Taïwan n’a aucun cas actif de coronavirus, des mesures très strictes vont être mises en place pour protéger les 18.000 habitants des Palaos.

Ainsi, les contacts avec la population locale seront très limités. Les touristes devront loger dans des hôtels sélectionnés, prendre leurs repas dans des zones dédiées dans les restaurants et ne pourront se rendre dans les magasins qu’à certaines heures.

Taïwan, qui compte une population de 23 millions d’habitants, totalise depuis le début de la pandémie 1.030 cas de coronavirus et 10 décès.

M. Whipps a reconnu qu’aucun système n’était sûr à 100%. Il a cependant précisé que des experts avaient calculé que le risque de voir le coronavirus atteindre son pays par cette “bulle” était de un sur quatre millions.

Plusieurs pays d’Asie-Pacifique travaillent sur des projets similaires, dont l’Australie et Nouvelle-Zélande.

La bulle prévue entre Singapour et Hong Kong a également été reportée sine die en raison d’une nouvelle vague de contaminations dans l’ex-colonie britannique fin 2020. La baisse du nombre de cas ces derniers jours fait que l’on parle de nouveau à Hong Kong de ce projet.

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