INTOXICATION CHEZ LES ENFANTS – La Covid-19, un facteur accroissant

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L’intoxication a toujours été un problème majeur chez les enfants. Avec la pandémie de la Covid-19, il y a eu une augmentation. A l’hôpital d’Enfants Albert Royer, au moins un cas est reçu toutes les semaines.

 

Il est devenu très courant de voir des enfants mourir des suites d’une intoxication. Des spécialistes soutiennent qu’il y a une augmentation des cas d’intoxication par les produits toxiques, caustiques et les hydrocarbures chez les enfants. Albert Royer enregistre au moins un cas toutes les semaines. Une situation qui inquiète la société sénégalaise de pédiatrie qui a fait le constat. Elle engage le combat de la sensibilisation et de la prévention à travers un webinaire organisé hier.

 

’’C’est une augmentation nette des accidents domestiques durant la période de Covid pouvant être liée au confinement’’, précise, le docteur Papa Soulèye Sow, Interne des hôpitaux du Sénégal à l’hôpital Albert Royer Fann. Il s’exprimait pendant un webinaire sur les accidents domestiques chez l’enfant.  Il a exposé sur une étude rétrospective au Centre hospitalier national d’enfants Albert Royer de Dakar. L’étude en question est faite sur l’intervalle allant du 1er octobre 2019 au 31 juillet 2020.

 

Selon le pédiatre urgentiste au SAU hôpital d’Enfants Albert Royer de Fann, l’eau de javel reste le premier produit ménager absorbé accidentellement, souvent transvasée dans des récipients alimentaires. Ce qui, dit-il, résulte parfois de la négligence des parents. A Albert Royer, l’intoxication à l’eau de javel représente 59,4 % des cas. Pour le docteur Aliou Thiongane, après ingestion accidentelle de produit caustique chez l’enfant, l’absence de toute symptomatologie initiale témoigne d’un risque très faible de lésions œsogastriques sévères. La prédominance des produits caustiques est liée, de l’avis du pédiatre, à leur fréquence d’utilisation pour les tâches ménagères. Sur les causes, il est noté, entre autres, le manque de surveillance.

 

Selon le Dr Thiongane, si la quantité ingérée est minime, les signes digestifs sont mineurs. C’est des nausées, vomissements, embarras gastrique, diarrhées ou douleurs abdominales. Par contre, si la quantité ingérée est importante, les signes digestifs majeurs sont une dysphagie, des brûlures rétro-sternales et abdominales, l’hypersialorrhée. Cela se manifeste généralement par une irritation des voies aériennes supérieures, un bronchospasme, une détresse respiratoire (OAP lésionnel, d’apparition tardive), une dyspnée laryngée avec stridor ou cornage.

 

Pour le Dr Thiongane, il est important, pour les parents, de connaître la définition d’une substance caustique, les différents types de substance caustique, les manifestations cliniques, les indications de l’endoscopie digestive et maîtriser la conduite thérapeutique.

 

Par ailleurs, le professeur Mamadou Fall du Centre antipoison, du ministère de la Santé et de l’Action sociale soutient que la grande majorité des intoxications accidentelles sont bénignes et le plus souvent asymptomatiques. Dans plus de 60 % des cas, les situations sont gérées par les centres antipoison (CAP) et les enfants ne nécessitent pas de consultation médicale. ‘’Quarante-cinq mille enfants meurent chaque année des suites d’intoxications accidentelles. Les accidents domestiques sont causés, entre autres, par des produits caustiques (25 %) par les produits pétroliers (54,90 %) ou dérivés (25 %) pour ce qui est des médicaments (17,65 %), les pesticides ou raticides (18,75 %)’’ déclare le Pr. Fall.

Pour le Dr Aliou Thiongane il faut d’abord comprendre un produit caustique. C’est une substance chimique susceptible de détruire les tissus de l’organisme, lorsqu’elle est en contact prolongé avec ces tissus. ‘’Avec l’eau de javel, l’intensité des lésions est proportionnelle à la concentration en chlore actif, la durée d’exposition, la quantité de substance ingérée‘’, soutient le Pr. Thiongane.  Avant d’ajouter que les manifestations ne sont pas les mêmes chez les patients. S’agissant des signes cutanés et muqueux, on note les brûlures de la région péri-orale, des lèvres, les ulcérations ou fausses membranes buccales les ulcérations œsophagiennes. Il y a aussi les œdèmes oropharynx, atteinte oculaire, larmoiement, hyperémie conjonctivale, troubles de l’acuité visuelle. Les séquelles que sont les sténoses cicatricielles de l’œsophage, trois à cinq semaines après le début, les cancers de l’œsophage les carcinomes épidermoïde 10 à 20 ans d’évolution.

 

En outre, il souligne que l’endoscopie reste indiquée systématiquement chez tout enfant ayant ingéré un produit caustique, même en l’absence de toute symptomatologie ou d’anomalie à l’examen clinique. Elle doit être effectuée, précise-t-il, si possible dans les 24 à 48 heures, par un opérateur entrainé à l’endoscopie pédiatrique, avec une fibroscopie. ‘’Dans 50 à 75 % des cas, l’endoscopie est normale ou n’objectivant que des lésions minimes. Les lésions sévères sont mises en évidence dans 4 à 37 %, selon les séries avec une fréquence élevée (52,6 %) chez les nourrissons de 25 à 36 mois. L’endoscopie digestive à Albert Royer, le nombre de cas est de 32 ; la fibroscopie normale est de 75 % ; les lésions sont à 25 %’’.

VIVIANE DIATTA

ENQUETEPLIUS

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