Polémique sur la fin du mandat présidentiel au Bénin: mobilisation éparse à travers le pays

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L’opposition refuse la prolongation du mandat de Patrice Talon, après la modification du calendrier électoral, qui permettrait au chef de l’État de rester un mois et demi de plus à son poste, avant que le vainqueur de la présidentielle de dimanche ne prenne ses fonctions. Cela fait cinq ans aujourd’hui, jour pour jour, que Patrice Talon est en fonction.

Avec notre correspondant et notre envoyée spéciale à CotonouJean-Luc Aplogan et Magali Lagrange – RFI

Même si la vie a suivi son cours aujourd’hui à Cotonou avec des commerces ouverts, des habitants qui ont vaqué à leurs occupations, des mouvements épars ont été signalés depuis minuit, la nuit dernière. Le moment que l’opposition considère comme la fin du mandat du président Patrice Talon.

Des pneus ont brulé, par exemple, sur la place de l’étoile rouge, dont des traces étaient encore visibles dans la matinée. Une route a été bloquée, en début d’après-midi, dans la zone de l’université d’Abomey Calavi. Des regroupements ont été signalés à Cadjèhoun, non loin de la résidence de l’ancien président Thomas Boni Yayi. Quelques véhicules des forces de sécurité étaient visibles sur certains axes. Deux chars ont notamment patrouillé dans le secteur de la présidence de la République.

Mobilisation dans le reste du pays

Des mobilisations d’opposants ont été constatées dans plusieurs autres villes du pays, comme à Porto-Novo, Parakou, Savè et Tchaourou. L’axe reliant ces deux dernières villes a d’ailleurs été bloqué.

À Parakou, la principale ville du nord du pays, les manifestants ont saccagé un siège d’un des partis qui soutiennent le président Talon. Ils ont aussi saccagé les locaux d’une radio privée, Urban FM, dont le maire-adjoint est actionnaire. Une information que nous a confirmé le directeur de la chaîne.

La double voie qui mène au Niger était occupée par les manifestants. La route était carrément bloquée. (…) Les manifestants disaient “Talon n’est plus président de la République”, ils disaient “c’est fini, Talon dégage”….

El Hadj Gafarou Tossounon, enseignant à Parakou

À Porto-Novo, la capitale, les supporters du candidat recalé, Joël Aïvo, ont manifesté. Même constat à Savè, dans le centre, et à Tchaourou, la ville natale de l’ancien président où les militants de l’opposition déterminés ont tenté de bloquer les voies.  Sur les banderoles et les slogans, le refus de la prolongation du mandat du président Talon, entré en fonction le 6 avril 2016, étaient bien visibles. « Cinq ans, c’est cinq ans, monsieur Talon ! Pas un jour de plus », ont martèlé les cortèges. 

Des manifestations « contenues »

Le porte-parole du gouvernement béninois, Alain Orounla, explique que « ces manifestations, bien qu’illégales, selon ses termes, sont observées et contenues avec beaucoup de sérénité dès lors qu’elles ne débordent pas le cadre d’une manifestation d’humeur, et ne prennent pas des allures de vandalisme et d’insurrection ».

La tournée qu’effectue le président Patrice Talon, dans le cadre de la campagne électorale marquait une pause, aujourd’hui, qui était déjà prévue, précise son entourage, qui indique que le programme continuera de suivre son cours normal demain.

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