Appel des militaires dans Valeurs Actuelles: une erreur politique de Marine Le Pen?

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Alors que la ministre des Armées, Florence Parly, demande des sanctions contre les signataires, la candidate à la présidentielle 2022 assume. « J’ai le calme des vieilles troupes », a-t-elle déclaré. Appel du pied à un électorat qui lui est plutôt favorable ou petit écart niveau dédiabolisation ? Un peu des deux.

Où est passée la Marine Le Pen qui soutenait les  « gilets jaunes », mais prenait de la distance avec leurs éléments factieux ? En soutenant la tribune reprise dans Valeurs Actuelles – dans laquelle une vingtaine de généraux, une centaine de hauts gradés et plus d’un millier d’autres militaires appellent Emmanuel Macron à défendre le patriotisme face « au délitement de la France », au « chaos » et « aux hordes de banlieue » – Marine Le Pen a tendu une perche à ses détracteurs. Leur permettant de la renvoyer au sombre passé du Front national (l’ancêtre du Rassemblement national a été co-fondé en 1972 par son père) et au putsch des généraux du 21 avril 1960, soixante ans jour pour jour avant la publication de l’appel dans l’hebdomadaire.

 

« Le masque tombe, Marine Le Pen c’est l’extrême droite » a déclaré la ministre de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher sur France Info. « Madame Le Pen a raté une occasion de montrer qu’elle avait pris une nouvelle dimension », a renchéri l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin sur LCI.

 

Faute politique ou stratégie politique ?

 

Invitée sur France Info, Marine Le Pen a assumé. « Absolument aucun [regret] ». Au contraire. « La vraie question (…) c’est qu’est-ce qui peut pousser des militaires (…) à prendre ainsi la parole alors que leur tradition (…) c’est un devoir de réserve », a répondu la candidate à la présidentielle 2022 qui soigne les militaires depuis longtemps. En privé, elle se targue d’ailleurs d’en avoir parmi ses conseils. D’après l’institut de recherche du Cevipof, plus de 40% d’entre eux ont voté pour elle au premier tour en 2017. Chez les policiers, ce pourcentage dépasse la barre des 50%.

 

Après un appel du pied à la droite – en se positionnant dans une tribune publiée dans le journal l’Opinion pour le remboursement de la dette Covid -, puis à la gauche, en investissant Andrea Kotarac (un ancien Insoumis) tête de liste aux régionales en Auvergne-Rhône-Alpes, Marine Le Pen montre qu’elle chasse sur toutes les terres électorales.

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