Mahmoud Abbas reporte les élections législatives palestiniennes, manifestation à Ramallah

0
92

Après l’annonce de Mahmoud Abbas, président de l’autorité palestinienne, d’un report des élections législatives attendues depuis quinze ans, des manifestants ont défilé pour protester à Ramallah, le 29 avril 2021. REUTERS – MOHAMAD TOROKMAN

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a différé le scrutin prévu le 22 mai à une date indéterminée. Il exige qu’Israël autorise le vote des habitants de Jérusalem-Est, partie de la ville annexée par l’État hébreu. Plusieurs centaines de Palestiniens se sont rassemblés jeudi soir à Ramallah pour réclamer le maintien de ces élections qu’ils attendent depuis quinze ans.

« Nous avons décidé de reporter la date des élections jusqu’à ce que (…) notre peuple puisse exercer ses droits démocratiques à Jérusalem », a déclaré Mahmoud Abbas à l’issue d’une rencontre de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) portant sur les législatives prévues le 22 mai prochain et à laquelle a assisté Alice Froussard, la correspondante de RFI à Ramallah. Dans la foulée de cette décision, la Commission électorale palestinienne a annoncé l’arrêt de ses activités visant à préparer ces élections.

Plus tôt en soirée, le président palestinien avait déclaré que ces élections pouvaient avoir lieu si l’État hébreu donnait son feu vert dans les prochains jours à la tenue du vote à Jérusalem-Est, avant d’annoncer plus tard un report du scrutin à une date indéterminée. « Jérusalem sera toujours la première raison, la seconde, la troisième… la dixième, la millième ! C’est la capitale de la Palestine ! », a martelé Mahmoud Abbas qui demande à la communauté internationale de faire pression sur les Israéliens pour qu’ils arrêtent, « leurs pratiques agressives ».

À Ramallah, où l’Autorité palestinienne a plus l’habitude d’organiser des manifestations que de les subir, des centaines de personnes sont descendues dans les rues pour dénoncer tout report du scrutin. « Non au report des élections », crie la foule en colère. La manifestation a lieu à quelques encablures de la Mouqataa, siège de l’autorité palestinienne.

«Ma génération est en colère »

Ahmed Jabareen a 24 ans, il n’a encore jamais voté de sa vie, raconte Sami Boukhelifa, le correspondant de RFI à Jérusalem. « Les dernières élections remontent à 2006, je n’étais qu’un enfant », explique le jeune homme. « Ma génération est en colère, elle est marginalisée par nos dirigeants. À travers ces élections, nous voulions jouer un rôle, prendre notre destin en main », regrette ce jeune diplômé en droit, qui peine à trouver du travail.

Parmi les manifestants, Shihab Amjad, un universitaire de Jérusalem qui s’était porté candidat aux législatives. Avec son parti Dignité et liberté, une formation centriste, laïque, il voulait incarner le changement. « Tout le monde est contre que ce système continue de fonctionner, peste-t-il. On est choqué par ce groupe corrompu et dictatorial qui maîtrise complètement toutes les institutions palestiniennes, qui marginalise complètement la jeunesse. Les gens commencent à étouffer et vous allez voir des protestations violentes dans la rue. »

Pour ces manifestants, le président Mahmoud Abbas a annulé ces élections par crainte d’une défaite. Selon eux, accuser Israël d’empêcher le vote des Palestiniens de Jérusalem-Est, n’est qu’un prétexte.

On a un gouvernement de racailles

Amjad Shihab, universitaire, candidat aux élections

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here