L’Inde durcit les règles sur les réseaux sociaux, les plateformes entrent en résistance

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En Inde, le gouvernement et les plateformes de réseaux sociaux sont entrés dans une nouvelle bataille. New Delhi a en effet imposé un contrôle plus strict du contenu publié en ligne, contesté par les entreprises comme Twitter ou WhatsApp. 

De notre correspondant à New Delhi, RFI 

Le gouvernement indien affirme vouloir restreindre la propagation de contenus illégaux sur les plateformes et demande donc aux réseaux sociaux de modérer ces messages plus rapidement : elles n’auront maintenant que 36 heures pour répondre aux demandes des autorités et retirer les messages publiés si nécessaire. Ces actions pourront être initiées si ce contenu a la capacité de nuire à la souveraineté de l’Inde, à sa bonne entente avec d’autres pays ou peuvent entraîner des troubles à l’ordre public, entre autres.

Risques de poursuites

Des domaines très larges et un temps de réponse très court, ce qui peut forcer Twitter ou Facebook à retirer du contenu par défaut pour ne pas se trouver en porte-à-faux. Surtout que la sanction est plus grande : si ces entreprises n’obtempèrent pas, ce sont les employés des réseaux sociaux résidant en Inde qui pourront être poursuivies devant la justice.

Autre importante réforme : les autorités peuvent demander à ces sociétés, dans des cas précis d’identifier l’auteur d’un message, ce qui mettrait alors fin à la confidentialité des échanges des abonnés. Et pourrait mettre en danger les dissidents indiens.

 

Twitter très utilisé par les opposants

Google et Facebook, dont les abonnés sont moins exposés, affirment qu’elles vont coopérer avec les autorités, mais Twitter et WhatsApp sont entrés en résistance : Twitter est une plateforme très utilisée par les opposants et le gouvernement a déjà essayé de bloquer des comptes de militants ou de journalistes qui critiquaient sa politique. La compagnie résiste comme elle peut, mais ces nouvelles règles risquent de rendre ce travail difficile, à moins d’exposer ses employés à des poursuites judiciaires.

WhatsApp joue son avenir en Inde. Car la messagerie a bâti sa réputation sur la confidentialité des échanges, qui pourrait donc être mise à mal en Inde, qui est l’un de ses plus grands marchés. WhatsApp a donc déposé un recours devant la justice, comme six autres médias ou organisations de la société civile indienne afin de contester cette réforme. Un nouveau combat judiciaire est engagé, qui pourrait définir les nouvelles limites de la vie privée et de la liberté d’expression dans la démocratie la plus peuplée du monde.

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