Le tourisme en Europe à l’épreuve de la lutte anti-Covid-19

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Les Européens rouvrent progressivement leurs frontières cette semaine. Leur pari : réussir la saison touristique en contenant le coronavirus.

Le grand jour sera bien sûr le premier juillet, lorsque le «pass sanitaire» européen entrera officiellement en vigueur. Certains pays l’appliquent déjà. Comme la Grèce, la Croatie ou la Bulgarie. Les autres grands pays touristiques du pourtour méditerranéen qui ne sont pas encore prêts pour sa mise en place ont en revanche levé pas mal de restrictions à l’entrée sur leur territoire pour attirer les visiteurs. L’Espagne apparaît comme le plus libéral. Plus besoin de test PCR pour les ressortissants de Schengen et même plus de quarantaine pour les ressortissants des pays à risque, le certificat de vaccination servira de sésame sur la péninsule. L’Espagne, l’un des pays les plus dépendants du tourisme, et celui qui en tire le meilleur parti, puisqu’il détient le record du nombre de nuits passés sur place, espère réaliser cet été 70% du chiffre des années précédant l’apparition du Covid-19. La Grèce elle aussi est assez permissive pour les non Européens: le test PCR, le vaccin ou le certificat d’immunité post Covid-19 suffisent pour les ressortissants aux poches bien garnis, les Canadiens, les Américains, les Chinois, les Russes, les Israéliens ou les Saoudiens.

L’Italie, le Portugal, la France maintiennent des barrières plus strictes ?

 

Avec des appréciations du risque différentes d’un pays à l’autre. En Italie, la quarantaine demeure incontournable pour les Américains et les Canadiens entre autres. Tandis qu’au Portugal, les Sud-Africains, les Brésiliens et les Indiens y sont soumis. L’Italie comme le Portugal exigent toujours le PCR négatif, y compris pour les Européens ou les Britanniques. En France, un code couleur s’applique depuis mercredi, le vert pour la plupart des Européens permet de circuler avec le passe sanitaire, la couleur orange implique le test ou le vaccin mais exempte le visiteur de quarantaine, enfin le rouge pour ceux qui restent indésirables. À noter que les Américains qui étaient classés rouges ont réintégré le groupe orange. Ces touristes sont appréciés parce qu’ils dépensent beaucoup. L’an dernier les recettes générées par les touristes étrangers ont chuté de moitié en France, soit une perte de 28 milliards d’euros.

Les touristes vont-ils s’y retrouver dans cette fourmilière réglementaire?

 

Le voyage va parfois se transformer en parcours du combattant. D’autant plus que ces règles sont mouvantes, elles peuvent changer en fonction de l’évolution du coronavirus. Ce qui est tout à compréhensible. L’économie ne prime pas encore sur la santé, car de nouvelles vagues de pandémie pourraient très vite réduire à zéro tous les efforts de sortie de crise sanitaire. Le problème avec ces règles, c’est parfois l’excès de zèle. Les voyageurs en provenance de l’espace Schengen atterrissant en France en ont fait les frais ces derniers jours. Subissant à leur arrivée des tests aléatoires décidés par la préfecture. Une mesure de précaution jamais expliquée et pas toujours bien comprise par les voyageurs. Ils ont perdu du temps, parfois raté leur correspondance. Des mesures qui risquent aussi de paralyser l’activité des aéroports.

 

Le patron des aéroports de Paris demande la levée des contrôles systématiques de police

 

Cela fait plusieurs semaines qu’Augustin de Romanet met en garde contre une « apocalypse de temps d’attente ». Le comble serait effectivement de dissuader les voyageurs de prendre l’avion. Pour certaines compagnies aériennes l’urgence c’est aussi de rétablir les vols. Les dirigeants de compagnies américaines et britanniques supplient le président Biden et le premier ministre Boris Johnson de donner leur feu vert lors de leurs entretiens prévus aujourd’hui. L’aéroport d’Heathrow qui voyait passer 21 millions de voyageurs en provenance des États-Unis en 2019 attend désespérément la réouverture des lignes transatlantiques pour reprendre son activité.

En bref

► Pour la première fois en vingt ans le travail des enfants repart à la hausse. C’est le constat alarmant des Nations unies. 160 millions d’enfants au travail ont été dénombrés en 2020. C’est 8 millions de plus qu’il y a quatre ans, lors du dernier comptage. Le Covid-19 est passé par là. Autre tendance inquiétante: ils sont de plus en plus jeunes, la moitié d’entre eux sont âgé de 5 à 11 ans.

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