L’extrême droite, le danger numéro un en Allemagne

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De notre correspondant à Berlin, RFI

Le nombre de militants d’extrême droite a encore augmenté. Il s’établit à 33 000, et 40% d’entre eux sont considérés comme potentiellement violents. Les délits commis par ses groupes et leurs sympathisants ont augmenté l’an dernier. On se rappelle l’attentat terroriste le plus meurtrier commis par un homme isolé contre des étrangers à Hanau près de Francfort en février 2020.

La pandémie n’a pas ralenti cette criminalité. Elle s’est déplacée sur internet, d’après l’Office de protection de la Constitution et s’est infiltrée dans les manifestations contre les restrictions liées au Covid-19. On se rappelle les images de personnes se précipitant vers l’entrée du Parlement, le Bundestag l’été dernier

Les Querdenker, le mouvement qui a organisé de nombreuses manifestations contre les restrictions liées à la pandémie a pris de l’importance. Sa dérive vers l’extrême-droite a conduit les autorités à placer l’organisation en observation il y a deux mois. Ce qui est inquiétant pour les autorités, c’est  qu’on a vu côte à côte dans ces cortèges des extrémistes de droite purs et durs et des citoyens inquiets qui n’ont rien à voir avec ces milieux, mais que cette cohabitation inhabituelle n’a pas non plus gêné. Les renseignements généraux ont aussi créé une nouvelle rubrique dans leur rapport consacré à la nouvelle droite et au mouvement identitaire qui, sous des dehors intellectuels et proprets, attisent les tensions par leurs déclarations et leurs écrits.

Les délits antisémites ont augmenté en 2020

Les autorités allemandes s’inquiètent du développement de l’antisémitisme. Des théories complotistes se sont développées en lien avec l’épidémie, dénonçant le rôle présumé de responsables juifs ou bien avec des comparaisons entre les mesures anti-Covid-19 et les persécutions contre les juifs.

Une autre évolution inquiète beaucoup : l’infiltration de l’extrême-droite au sein des forces de l’ordre. En effet. Il y a eu ces derniers mois différents scandales autour de groupes de policiers diffusant des idées d’extrême-droite ; la Bundeswehr n’est pas exempte de ces dérives. L’accès de ces forces à des armes et à des informations sensibles, notamment les données privées de personnes dans le collimateur de l’extrême-droite sont alarmantes.

Cette semaine, on a appris que les policiers impliqués dans de tels réseaux dans la région de la Hesse étaient ainsi plus nombreux qu’on le croyait. Un procès est actuellement en cours contre un soldat qui s’était fait passer pour un réfugié et qui est accusé d’avoir voulu préparer des attentats contre des responsables politiques.

 

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